‹ L'ame humaineChapitre 111 sur 203 · Loc. cit · texte numérisé non relu

Loc. cit

mixtes, ainsi qu'on disait de son temps. « Il ne faut pas admettre plusieurs formes dans les corps composés, écrivait-il alors contre Averroès et Avicenne, parce qu’on ne doit point supposer la pluralité des formes sans nécessité : Non estponenda plural itas sine nécessita le. Or, il n’y a aucune nécessité d’admettre que les formes des éléments demeurent actuellement dans le composé qu’ils ont servi à former, puisque, suivant Aristûte, la forme du composé étant plus parfaite que les formes des éléments, celles-ci peuvent être virtuellement dans celle-là, d’après la loi que l'imparfait et l’inférieur demeurent virtuellement dans Je supérieur et le parfait, sicut imper fecta et inferiora ma ne nt in superioribus ; comme nous dirions quo i’àme végétative et l’âme sensitive demeurent dans l’àme raisonnable, sicut ' diceretur , quod sensitiva et vegetativa marient in intellect ira > . » Quand on a reconnu que les formes supérieures contiennent virtuellement les formes inférieures, et que l’âme raisonnable contient virtuellement les deux autres âmes, végétative et sensitive, je comprends qu’on reconnaisse une valeur particulière à la quatrième preuve de saint-Thomas ; et je crois même qu’on est dispensé delà combattre, par l’excellente raison que c’est impossible.

Mais alors que vont devenir les dogmes, l’Eucharistie, l'Incarnation? Et que penser de ce fait,

4. In lib. II, Sentent., distinct. XV, quæslio onicu, prinium. scholium. (Edition de Lyon, 1639.)

UNION AVEC LE COKES

que le corps demeure et persiste quelque temps sans l’âme, le même après la mort que durant la vie? Nous venons de voir combien la doctrine de Scot est inconséquente ; l’examen des raisons par lesquelles il l’appuie va nous montrer combien elle est faible.

Nous n'avons plus d’abord à nous occuper des raisons tirées delà théologie. L’orthodoxie de l’opinion opposée à celle de Scot a été pleinement vengée et mise à couvert, de l’aveu même de nos adversaires les plus déterminés, etj ajoute les mieux instruits. « L’opinion thomiste a su élucider les objections théologiques que lui présentait la Foi L Aux suspicions du premier moment, a succédé une confiance pleine et entière en sa parfaite orthodoxie 1 2. »

11 ne reste donc plus que l’argument tiré de la persistance du corps. Mais ce n’est certainement pas cet argument qui sauvera la thèse : il repose tout entier sur cette supposition, que le corps de venu cadavre est resté rigoureusement identique et absolument le même après la mort que durant la vie. Mais cette supposition, sur quoi repose-t-elle elle-même? Scot, d’abord, affirme que le cadavre est quelque chose de substantiellement un, puisqu’il n’a, suivant lui, qu’une forme substantielle. Cela il l’affirme, mais le prouve-t-il ? Quel prin-

1. P. Prosper de Martigné, La Scolastique et les Traditions Franciscaines, p. 238.

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