‹ L'ame humaineChapitre 117 sur 203 · Leibnitz, Système nouveau de la nature, etc · texte numérisé non relu

Leibnitz, Système nouveau de la nature, etc

deux eût à en souffrir, pût même peut-être s’en apercevoir? Ce n’est pas admissible.

Mais l’hypothèse célèbre que Leibnitz caressa pendant plusieurs années, l’est-elle davantage? Suivant l'illustre philosophe, « il faut dire que Dieu a créé d’abord l’âme, en sorte que tout lui naisse de son propre fonds, par une parfaite spontanéité à l’égard d’elle-même, et pourtant avec une parfaite conformité aux choses du dehors... De plus, la masse organisée, dans laquelle est le point de vue de l’âme, étant exprimée plus prochainement, et se trouvant réciproquement prête à agir d’elle-même, suivant les lois de la machine corporelle, dans le moment que l’âme le veut, sans que l’une trouble les lois de l’autre, les esprits et le sang ayant justement alors les mouvements qu’il leur faut pour répondre aux passions et aux perceptions de l’âme, c’est ce rapport mutuel, réglé par avance dans chaque substance, qui produit ce que nous appelons leur communication, et qui fait uniquement l’union de l’âme et du corps 1 ».

Belle union, en vérité, par laquelle rien n’est uni ! Car il est trop clair que dans cette « théorie des accords » , « du consentement ou de X harmonie préétablie , » non moins que dans la « théorie de l’assistance » de Malebranche, le corps et l’âme demeurent toujours étrangers l’un à l’autre, pour l’être et pour l’agir, autant que le seraient deux horloges parfaitement concordantes, etmème

i. Système nouveau , 44.

UNION AVEC LE CORPS 31o

réglées, si l'on veut, « par un artifice divin. »

Je ne parlepas de la théorie du médiateur plastique, puisqu’il est notoire qu’elle complique tout sans rien expliquer.

Mais je rappellerai que la doctrine des Scotistes, tant anciens que modernes, compromet, ou mieux détruit, elle aussi, l’unité de l'homme. Il ne sertde rien de répéter: « L’homme est un,e t ne peut dès lors avoir qu un seul principe L

« Si plusieurs principes coexistaient ensemble,” dans l’homme, il faudrait nécessairement que l’un dominât les autres, pour faire Vanité; qu’ilréglât lçs autres dans leur forme, dansleur degré et dans leur rang; que tous ne pussent agir sans lui. Or, dans une semblable domination, qui ne voit que le principe supérieur doit être alors partout à la fois, dans l’ensemble et dans les plus petits détails? Sans cela la moindre fraction est en dehors de lui. Et si un principe est ainsi partout, pour tout mouvoir, ou tout diriger, ou tout unifier, qu’est-il besoin d'admettre d’autres principes2 » ?— Tout cela estfortbien; mais de tout cela que reste-t-il, quand on vient nous dire ensuite, qu’à former le corps de l’homme quartorze principes, ou corps simples, doivent concourir, et que ces quatorze corps simples demeurent en acte dans le composé humain? ou, à tout le moins, que. au-dessous de l àme raisonnable, il existe une forme qui consti-

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