‹ L'ame humaineChapitre 124 sur 203 · De Anima, lib. I, tractat. I, o · texte numérisé non relu

De Anima, lib. I, tractat. I, o

douce et plus précieuse que toutes les splendeurs d’un soleil comme, le nôtre ■ . Enfin, vous savez comment les saints sont tellement ravis de ce divin exercice qui consiste à connaître , aimer et louer Dieu, qu’ils ne le quittent jamais, et que, comme dit Bossuet, « ils éteignent, pour le continuer durant tout le cours de leur vie, tous les désirs sensuels 2. »

Voilà le fait. Notre âme se complaît, • se délecte dans le nécessaire, dans l’éternel, dans l’immuable. C'est là qu’elle respire, c’est là qu elle se dilate, c’est là qu’elle jouit. Ainsi est faitesa nature.

Mais que suppose la jouissance? Ne supposet-elle pas une correspondance entre celui qui jouit et l’objet qui le fait jouir? une proportion, un point par où les deux natures se touchent et se conviennent? Si l’œil jouit de la lumière, l’oreille de l’harmonie, le palais d’une nourriture savoureuse, n’est-ce pas qu’entre l’œil et la lumière, l’oreille et l’harmonie, le palais et la nourriture, il existe un rapport, une similitude et une convenance de nature ?

Donc, puisque l’âme humaine jouit par-dessus tout de ce qui est au-dessus du temps, et n’est point limité ni borné dans sa nature, c’est qu’elle même* par sa nature, domine le 'temps, et possède, en droit, une existence sans fin 3.

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