‹ L'ame humaineChapitre 125 sur 203 · De la connaissance de Dieu et de soi-même , chap. v · texte numérisé non relu

De la connaissance de Dieu et de soi-même , chap. v

3. « llœc ratio efficacissima est, si quis eam bene intelligal. » Albert le Grand, de Natura et Origine Animæ, tractat. II, c. vi.

LA VIE AERES LA MORT 331

Vous arriverez à la même conclusion, si vous voulez considérer quel est le désir naturel de l’àme humaine.

C’est un principe, qu’un désir de nature ne peut être vain et sans objet, parce que la nature ne se ment point à elle-même.

Et c’est un fait que tout, dans le monde, est en travail et en lutte, pour conserver l’existence : « L’être est doux à toute chose, dit S. Augustin, vi quâdam naturali ipsum esse jucündum est. Le minéral résiste aux agents de dissolution; la plante se détourne de ce qui peut lui nuire; et les animaux nonne se esse relie, atque ob hoc interitum fugere, omnibus quibus possunt motibus indicant ? Enfin, les hommes les plus infortunés, si on pouvait leur garantir qu’ils vivront toujours, profecto exultarent lœtitia, et sic souper digèrent esse quam onmino non esse i. » L’on peut ne pas souhaiter les richesses, le pouvoir, les honneurs, mais l'on désire toujours de vivre. C’est donc bien une loi de nature, que tout aspire à être, l’homme comme le reste: « Vi quâdam naturali ipsum esse jucqndum est. » Toutefois, il y a une différence immense entre nous et ce qui nous entoure. C’est que, seuls, parmi les êtres de ce monde, étant doués de la pensée, nous concevons l’existence, non pas concrète et emprisonnée dans un coin de l’espace, ou dans une partie du temps,

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