‹ L'ame humaineChapitre 132 sur 203 · TuscuUmes, livre Ier · texte numérisé non relu

TuscuUmes, livre Ier

les plus barbares, sont les équivalents bien modestes des grandes manifestations de même nature dues aux peuples civilisés l. »

Qu’on honore les morts en effet, enleurélevant des nécropoles grandioses et de superbes mausolées, ou en faisant couler le sang des victimes au fond des grottes funéraires, en confiant leurs dépouilles aux arbres des forêts pour qu’elles soient plus doucement bercées et se conservent intactes plus longtemps ; l'idée qui se dégage de toutes ces pratiques, c’est toujours que l’homme subsiste après la mort, parla meilleure partie de lui-même, et « qu’une flamme incorruptible survit et plane sur les tristes restes de ce qui fut notre corps » .

Or, quelle explication trouverez-vous à ce fait d’un consentement si unanime? Entre les différents peuples, tout est divers : le caractère, les aptitudes, les préjugés, l’éducation, les aspirations non moins que le climat et le pays. Les hommes pris dans leur universalité n’ont qu’une seule chose de commune, c’est leur nature. Une seule chose aussi, dirons-nous, avec Cicéron, peut expliquer cet accord de tous les peuples : c’est que tous entendent la voix et reçoivent l’enseignementd’une même nature : « Consensio omnium gentium lex naturœ putanda est “2. »

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