‹ L'ame humaineChapitre 135 sur 203 · Lucrèce, de Nalura rerum , livre III, v. 436etsuiv · texte numérisé non relu

Lucrèce, de Nalura rerum , livre III, v. 436etsuiv

3. M. Liltré figurera parmi les hommes que U Histoire nous signale comme ayant vu leurs facultés mentales braver le nombre des années et la décrépitude de la vieillesse. Qu’on lise Y Épilogue de la 2e édition de son livre : Conservation , Révolution et Vosiiivisme. Le savant Auteur y confesse « l’activité et la netteté d’esprit qui lui restent » à soixante-dix-huit ans : mais l'Epilogue lui-même nous révèle beaucoup mieux encore cet état surprenan de conservation intellectuelle. Son illustre contemporain, Sainte-Beuve, l’avait accusé d’être « maintes fois rude, hérissé, et presque sauvage » dans ses écrits : Littré s’en excuse, en quelques pages d’histoire intime, qui sont un vrai petit chef-d’œuvre de finesse, de raison et de goût.

4. Quœslio unira de Anima, art. xiv, ad 18. Albert le Grand disait: « Vires animæ non. senescuni et debilitantur, nisi corporis senectuteet debilitale, sicut debililalur nauta vel navigalio, nave jam fracta. »

LA VIE APRÈS LA MORT

son corps, ni scs sens? Et pourquoi accorder 1’ existence à un être, s’il ne peut agir? — 11 est incontestable qu’il y a là une difficulté , qui peut même se transformer en argument contre l'immortalité. De fait, telle est bien la quatorzième des vingt et une objections que S. Thomas se pose contre l’immortalité de l’àme, dans ce traité de Anima auquel je renvoyais tout à 1 heure, et qu’il formule en ces termes:

« Si l’àme pouvait vivre séparée de son corps, elle devrait avoir quelque opération ; car nulle substance ne peut être sans agir, « eoquodnulla substantia est otiosa. » Or, nulle opération ne peut convenir à l’âme séparée de son corps, pas même la pensée, qui semblerait pourtant s’arranger le mieux d’un pareil état: car l’àme ne pense point sans images, « quia non intelligit sine phantasmate. » Donc l ame ne peut vivre sans le corps, « sed corrumpitur corrupto corporel. » Telle est, comme on le sait, la grande objection que Pomponace, l’adversaire le plus acharné de l’immortalité de l’âme, exploitait surtout contre la thèse que nous soutenons, et qu’il réussit à faire considérer par beaucoup d’esprits comme nouvelle, et comme insoluble 1 2. Nouvelle, elle ne l’était point, on le voit. Insoluble, elle ne l'était pas davantage, comme on va s’en convaincre par ce que

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