Œuvres philosoph. Londres, 1751, L’homme machine, p
LES PREUVES DU MATERIALISME
Or, l’expérience interrogée lui répond que, dans l’homme, il y a des rapports intimes entre le physique et le moral, des influences réciproques et continuelles de l'un sur l’autre. C’est, à ses yeux, une preuve que l’âme et le corps c’est tout un, en ce sens du moins que l’âme n’est qu’une pièce du corps humain. « Le corps humain, comme il le dit, est une machine qui monte elle-même scs ressorts ; vivante image du mouvement perpétuel L »
Voyez plutôt.
Qello influence n’exerce pas le tempérament sur les idées! Soyez sanguin, vous serez gai, enjoué; soyez bilieux, vous serez irascible et mélancolique. Et les maladies? Le moindre trouble dans les fonctions peut produire, dans votre esprit, les changements les plus étranges. «Que fallait-il, dit encore notre auteur, à Canus Junius, à Sénèque, à Pétrone, pour changer leur intrépidité en pusillanimité, ou en poltronnerie? Une obstruction dans la rate, dans le foie, un embarras dans la veine-porte 2. »
L’âme et le corps ne s’endorment-ils pas ensemble, ne vieillissent-ils pas, et ne s’usent-ils pas ensem ble ?
Mais non seulement il y a entre l’âme et son corps ce commerce intime; les corps étrangers eux-mêmes exercent sur notre esprit la plus grande influence.