I. La Descendance de l’homme, traduction Barbier, p
les dogmes. Il y eut scandale au camp spiritualiste, épouvante môme chez les faibles; tandis que. au camp matérialiste, tout rayonnait la joie et le triomphe. Songez donc! l’âme humaine réduite à une simple modification mécanique des organes; le monde évoluant tout seul, et marchant à la perfection sans qu’il soit besoin d’invoquer le plan ni les conseils d’une intelligence créatrice! Car telle est bien la thèse fondamentale où se résume « l a descendance de V homme » , thèse établie avec une science si vaste, par des faits si frappants et si nombreux, suivant une méthode aux allures si positives^ avec un accent de bonne foi si pénétrant, tant de clarté, tant de rapprochements ingénieux et des vues si originales, un talent d’exposition si séduisant, que la conviction paraissait inévitable pour tous et la contradiction impossible; et qu’on ne devait plus citer, autrement que pour mémoire, de Maillet, Robinet, Buffon, Lamarck, les deux Saint-Hilaire, Naudin *, Goethe, H. Spencer, Huxley, etc. 1 2.
Aujourd’hui, après vingt années, les choses ont un peu changé de face. Le transformisme n’est plus si sûr de lui-même, ni de l’avenir; on le voit plus (j ue jamais contesté dans les Académies, et par les plus hauts représentants de la science. Parmi ceux qui ne le rejettent pas, — chose horrible
1. V. L’ouvrage de M. de Quatrefages : Charles Darwin et ses précurseurs français.