Charles Darwin et ses précurseurs français , p
longtemps, ne nous ont rien enseigné, jusqu’à une époque toute récente," relativement à l’origine de l’homme. Aujourd’hui, éclairés par nos connaissances sur l’ensemble du monde organique, nous ne pouvons plus nous méprendre sur leur signification. Le grand principe de l’évolution ressort clairement de la comparaison de ces groupes de faits avec d’autres, tels que les affinités mutuelles des membres d’un même groupe, leur distribution géographique dans les temps passés et présents, et leur succession géologique. Il serait incroyable que de tous ces faits réunis sortît un enseignement faux. Le sauvage croit que les phénomènes de la nature n’ont aucun rapport les uns avec les autres; mais celui qui ne se contente pas de cette explication ne peut croire plus longtemps que l’homme soit le produit d’un acte séparé de création. Il est forcé d’admettre que l’étroite ressemblance qui existe entre l’embryon humain et celui d’un chien, parexemple ; — quclaconformation de son crâne, de ses membres et de toute sa charpente, sur le même plan que celle des autres mammifères, quels que puissent être les usages de ses différentes parties; — que la réapparition accidentelle de diverses structures, comme celle de plusieurs muscles distincts que l’homme ne possède pas normalement, mais qui sont communs à tous les quadrumanes ; — qu’une foule d’autres faits analogues, — que tout, enfin, mène de la manière la plus claire à la conclusion
que l’homme descend, ainsi que d’autres mammifères, d'un ancêtre commun 1 . »
Nous avons exposéle Darwinisme etses preuves ; il nous faut maintenant l’apprécier.
Or, voici le jugement qui me paraît devoir en être porté : 1° le transformisme Darwinien n’est pas prouvé; 2° il n’est pas vrai; 3° il n’est pas possible.
Je soutiens d’abord que l’hypothèse Darwinienne n’est pas prouvée. Pour s’en convaincre, il suffit de se rappelerun principe de logique élémentaire, que StuarL Mi 11 a formulé en ces simples mots : « La vérification de l’hypothèse équivaudraà une parfaite induction, dans le cas seulement où aucune autre loi que la loi supposée ne pourra conduire aux mêmes conclusions 2. » Prenons donc ce principe incontestable et incontesté, et voyons si le transformisme Darwinien réalise la condition qu’il exprime.
Supposé le transformisme, tel que je l’entends, nous dit Darwin, je me trouve immédiatement en face des conclusions suivantes: 1° entre l’homme et les animaux inférieurs, il doit exister une ressemblance étroite, sous le rapport du développement embryonnaire, aussi bien que de la structure et de la constitution ; 2° l’homme, tantôt par des rudiments d’organes, tantôt par des réversions