‹ L'ame humaineChapitre 159 sur 203 · Logique, t. II, p · texte numérisé non relu

Logique, t. II, p

anormales, doit nous faire souvenir des états inférieurs qu’il a traversés : 3° les affinités mutuelles des membres d’un mêmegroupe d’êtres, leur distribution géographique dans les temps passés et présents, et leur succession géologique, doivent être telles ou telles. Or, ces trois conclusions, nous les trouvons vérifiées dans les faits, dansla nature. Donc, mon hypothèse du transformisme est vérifiée, jusqu’à être démontrée.

Voyons un peu, dirai-je à mon tour à Darwin : D’un commun accord, nous admettons comme principe qu’une hypothèse , pour être prouvée et démontrée, doit expliquer les faits de telle sorte, qu’aucune autre hypothèse que l’hypothèse admise ne puisse en donner raison. Stuart Mill nous est garant qu’en Angleterre, comme dans les autres pays, la Logique le veut ainsi. De plus, je veux bien accorder, et je suis large dans mes concessions, que le transformisme tel que vous le comprenez une fois admis, les trois ou quatre conséquences tout à l’heure mentionnées s’ensuivent réellement, comme vous venez de nous le faire entendre. Est-ce donc, par hasard, que vous avez satisfait, par cela même, à la condition énoncée par le principe de Stuart Mill, et dont nous sommes convenus? Est-ce donc qu ’ aucune autre hypothèse que la vôtre ne peut donner raison des faits indiqués? Sur quelle donnée vous appuyezvous, pour prouver que votre hypothèse n’est pas seulement possible, mais est la seule possible?

Une telle donnée vous manque absolument; c’est chose manifeste pour quiconque lit votre livre. Et c’est pourquoi votre hypothèse reste sans fondements : elle n’est pas prouvée.

On peut si bien expliquer les faits d’une manière autre que Darwin, que les Transformistes ont dû en faire l’aveu, etqu’ilsproposenteux-mêmes d’autres explications. Par exemple, Darwin dit que les métamorphoses embryonnaires démontrent, par analogie, les transformations des adultes. A cela, voici ce que répond un transformiste des plus distingués : « On peut tout aussi bien objecter, aunom de l’analogie, que les faits en question démontrent au plus Vanité de plan et de structure. Cette unité de plan s’explique, d’ailleurs, par les lois qui régissent la matière organisée aussi bien que la matière inerte. Si les éléments chimiquesse combinent tou jours en proportions définies, si les innombrables formes cristallines de certaines espèces minérales appartiennent toujours àun même système, et ne sont pas jetées au hasard dans des moules dissemblables, il est naturel que les formes et les organes encore peu compliqués des êtres vivants se rattachent les uns aux autres , et constituent un ensemble harmonique, quelle que soit d ailleurs la raison première de l’or dre établi h »

Darwin invoque les organes- témoins. Mais que prouvent-ils ?« On a souvent cité, à ce proposées

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