‹ L'ame humaineChapitre 160 sur 203 · M. Ch. Contejean, Revue scientifique, 30 avril · texte numérisé non relu

M. Ch. Contejean, Revue scientifique, 30 avril

deux métacarpiens latéraux du pied du cheval, qui ne sont que de minces stylets cachés sous la peau, et qui remplacent les métacarpiens plus développés et munis de doigts de l’Hipparion. Celuici les tenait lui- même de son ancêtre l’Anchitrium, dont les doigts pouvaient déjà fonctionner ; et la seule souche première est le Paléothérium, qui avait trois doig ts presque égaux. D’après l’école de M. Darwin, ces organes-témoins démontrent la filiation; en conséquence, les Anchiterion et les Paléothérium sont les ancêtres des chevaux.

« Mais n’est-ce pas aller un peu vite et un peu loin? Les organes-témoins ne démontrent-ils pas aussi bien V unité de plan? S’il existe de pareils organes bien caractérisés, ce sont évidemment les mamelles atrophiées des mâles. Qui soutiendra que les mâles aient été autrefois des femelles 1 ? »

L ’ atavisme sera-t-il plus décisif en faveur de Darwin? Nullement. « De même que les arguments tirés de l’état embryonnaire et des organes-témoins (c’est toujours le transformiste qui parle), ceux que les Transformistes empruntent à l’atavisme et aux monstruosités ne sont raisonnablement admissibles qu’autant que les faits invoqués concernent exclusivement les variétés d’une même espèce. Dans tous les autres cas ils dénotent plutôt ï unité de plan. On admettra sans peine, en effet, que les modifications accidentelles des individus

1, M. Gontejean, article cité.

se rapprochent surtout de la manière d’être la plus habituelle du groupe auquel ils appartiennent. Il est naturel que les chevaux et les ânes aient quelquefois les jambes zébrées, puisque, sauf le cheval, toutes les espèces du genre Equus sont rayées de diverses façons; mais cela ne prouve nullement, comme on l’a dit, qu’ils aient un ancêtre commun à robe rayée h »

Je ne dis rien de la distribution géographique des êtres, soit dans le passé, soit dans le présent, parce qu’il est trop clair que si la théorie Darwinienne en rend convenablement raison, la théorie adverse l’expliquerait tout aussi aisément.

Quant à leur succession géologique, l’écrivain transformiste que nous avons cité jusqu’ici va encore nous montrer, dans une page remarquable, que le Darwinisme n’en reçoit aucun secours :

« A ce propos, je dois m’efforcer de tenir le lecteur en garde contre des illusions qui ont converti à la doctrine du transformisme le plus grand nombre de ses adeptes, même parmi les savants et les naturalistes de profession. Quoi de plus séduisant, et, en apparence, de plus significatif, que ces découvertes incessantes des types fossiles, réellement intermédiaires entre les types actuels, et tendant à les rapprocher, un peu plus je dirais à les confondre, dans un ensemble unique? Non seulement on a trouvé des êtres qui établissent

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