Chap. IV
sont d’une importance capitale. Et il fautsavoirgré à M. de Quatrefages de les avoir signalés par la remarque suivante : « La dernière phrase de ce passage me semble avoir été oubliée par quelquesuns des plus dévouésdisciples de Darwin. Elleest pourtant essentielle, en ce qu’elle implique une réserve importante que l’auteur, du reste, a formulée un peu plus loin L » Cette réserve consiste, suivant la pensée très juste de l’éminent professeur d’anthropologie, en ce que la doctrine Darwinienne ne requiert pas rigoureusement un progrès absolu etcontinu dans les vivants ; puisque, d’après les propres expressions de Darwin, l’élection ne consomme la perfection de l’être, qu’autant que Vopportunitè s’en présente', et qu’il peut très bien arriver que ce qui est, en soi, perfection, devienne cause d’infériorité à raison des circonstances1 2. De là résulte cette conséquence capitale, avouée par Darwin lui-même : que le Darwinisme, à tout prendre, est bien moins la doctrine de ce que nous appelons le progrès, que celle de l’adaptation. « L'élection naturelle , dit expressément le maître, n implique aucune loi nécessaire et universelle, de développement et de progrès 3. » Qu’on veuille bien réfléchir sur ces paroles, et en voir toute la portée. La sélection naturelle, fonc-