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CHAPITRE HUITIÈME

EN QUOI L’AME DE l’hOMME DIFFÈRE DE l’aME DE LA BÊTE.

Sommaire. — Entre l’âme de l’homme et celle de la bêle, il existe quatre différences essentielles.

Commençons par une histoire.

11 y a quelques années, M. de Quatrefages, dans son livre de V Unité de l’espèce humaine , — un beau livre d’ailleurs, — écrivait les paroles suivantes : « Plus je réfléchis, plus je me confirme dans la conviction que l’homme et l’animal pensent et raisonnent en vertu d’une faculté qui leur est commune , et qui est seulement énormément plus développée dans le premier que dans le second. »

Par cet « énormément plus développée dans le premier que dans le second », M. de Quatrefages, spiritualiste sincère, croyait bien avoir posé une réserve, largement suffisante pour affirmer et maintenir la différence essentielle qui existe entre l’homme et la bête.

Il sc trompait : on le lui lit Lien voir.

Les paroles du savant français tombèrent sous les yeux de M. Karl Yogt. L’avisé présiden t de l’inslitut Genevois saisit, du premier coup, les conséquences favorables au matérialisme qu’entraînait la concession de M. de Quatrefages ; et il n’eut rien déplus pressé que de citer le fatal passage, en le commentant, dans ses Leçons sur V homme x.

, Après avoir rapporté fidèlement*, sinon quant aux termes, au moins quant au sens 1 2 : « Telles sont les paroles de M. de Quatrefages, dit-il sur un ton de malicieux triomphe. Comme on le voit, il accorde beaucoup... aux faits, et à l’opinion que l’animal possède toutes les facultés intellectuelles, quoique.à un moindre degré; qu’il pense, réfléchit, s’entend avec ses semblables et avec d'autres; bref, que ses facultés intellectuelles ne diffèrent de celles de l'homme que par leur degré de développement.

« Mais, suivant lui, la moralité et la religiosité sont quelque chose de tout différent, de tout nouveau; et puisqu’ils se rencontrent partout chez l’homme, ils constituent chez lui un caractère essentiel qui le distingue de tous les animaux.

« Admettons, pour un instant, que ce que M. de

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