‹ L'ame humaineChapitre 171 sur 203 · V. chapitre iv · texte numérisé non relu

V. chapitre iv

et àM. Claude Bernard, que les propriétés caractéristiques des êtres vivants ne peuvent s’expliquer ni par la physique ni par la chimie.

Si l’âme est le principe premier des opérations vitales, il est évident que nous devrons admettre l’existence d’une âme partout où il se produit des opérations vitales, par exemple des phénomènes de nutrition, des phénomènes de sensibilité, etc.

Or, ces phénomènes se produisent dans l’animal aussi bien que dans l’homme. Nous en avons pour garants l’anatomie et la physiologie comparée.

Prenez une description anatomique du système nerveux de quelques-uns des animaux supérieurs, comme le chien, le singe, le cheval; et rapprochez ce <j ue vous y lisez de ce que vous savez sur notre propre système nerveux, à nous.

Oue voyez-vous, en comparant les éléments, soit isolés, soit assemblés et groupés, des deux systèmes? Une ressemblance frappante. Ici et là, des cellules et des fibres ; ici et là, une disposition et un arrangement des cellules et des libres suivant un plan dont les lignes fondamentales sont absolument identiques; ici et là, des organes évidemment façonnés sur un même type.

Que si, non contents d’interroger l’anatomiedescriptive, toujours un peu superficielle, vous consultez P histologie, la ressemblance entre l’homme et l’animal demeure constante; car la matière nerveuse n'offre pas de différence dans l’un et dans

L’AME DES BÊTES 4^1

l’autre. Au point de vue anatomique, le système nerveux de l’homme etcclui de l’animal sont donc semblables.

Nous pouvons et nous devons en conclure que les phénomènes de la vie végétative et de la vie sensitive qui se passent dans l’homme ont lieu aussi dans l’animal. Car l'organe appelle et entraîne la fonction; et rien n’est plus scientifique que de dire : mêmes organes, mêmes opérations 1 .

Ce que l’anatomie nous fait conclure par une sorte d’argument a priori , la physiologie le confirme par l’expérience. Elle observe, en effet, que la vie évolue dans l’animal tout comme dans l’homme. L’animal se nourrit, se développe, se reproduit comme l’homme.

Comme lui, l’animal voit, entend, goûte, odore, palpe les objets, se montre agréablement ou désagréablement impressionné à leur contact ou à leur présence. Dans l’un et dans l’autre, la sensation naît de la même manière, se propage suivant les mêmes lois, provoque une séquence de faits tout semblables. Dans l’un et dans l’autre, les fonctions sont favorisées ou troublées, suspendues ou rétablies par les mêmes causes. Enfin, sur ce terrain de la vie végétative et de la vie sensitive, il existe entre l'homme et l’animal une telle conformité anatomique et fonctionnelle, à l’état sain comme à l’état pathologique, que l’expérimenta-

Page 1