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Discours sur la Méthode, 5° partie

L’AME DES BÊTES 42.5

aux animaux, puisqu’ils ne peuvent nous dire ce qu’ils éprouvent, et que, d’ailleurs, nous ne sommes point « d’intelligence avec eux 1 » ni ne voyons « ce qui se passe dans leurs cœurs », elle* paraît peu digne d’un si grand esprit; car, si nous ne voulons pas ajouter foi aux signes naturels de douleur et de plaisir que donnent les animaux, nous ne devons pas davantage croire au plaisir ou à la douleur des autres hommes, s’ils ne nous les expriment par des paroles. Et que faudra-t-il penser des enfants qui ne parlent point encore? Direz-vous que l’enfant est insensible parce qu’il ne profère point de paroles? Pourquoi Descartes, dit plaisamment M. Francisque Bouillier, 11’a-t-il pas aussi inventé les enfants-machines 2?

Mais je laisse Descartes et Malehranche à leurs automates, avec d’autant moins de scrupule « qu’il n’est plus aujourd’hui un savant qui veuille soutenir la vieille théorie Cartésienne 3 » ; et j’aborde, sans plus tarder, la brûlante question que nous nous sommes proposé de résoudre : Étant établi que l’homme et l’animal ont une âme, peut-on montrer quelque différence essentielle entre l’âme de l’homme et celle de l’animal?

J’affirme que oui.

Lapremière différence essentielle entre l’homme

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