S. Thomas, de Verit ., q. XYIII, art. 7, ad
L’AME DES BÊTES
l’arbre dont le jardinier plie les branches, ou fait varier les fleurs ou le feuillage. Ce n’est point en lui, mais hors de lui, que se trouve, non pas seulement l’occasion, mais la cause déterminante et lamesuredes changements qu’il subit, line marche pas vers la perfection, « non progreditur , » il ne s’y pousse pas lui-même, « non se agit , » il est poussé, « sed agitnr , » parce qu’il lui manque le principe de tout vrai progrès, le concept général, l’idée L
De même, s’il se perfectionne, ce n’est que dans ungenre déterminé, à l'exclusiondes autresgenres. L’araignée tendra mieux sa toile, l’oiseau bâtira mieux son nid, et le castor sa cabane : jamais vous ne verrez un de ces animaux utiliser un des principes que supposerait le progrès qu’il réalise, si c’était un progrès intelligent, pour avancer dans un autre ordre d’activité, malgré tout l’avantage qu’il pourrait y trouver : preuve que ce n’est point à la lumière d’un tel principe, universel et transcendant, qu’il a accompli son premier progrès. Le progrès propre à l’animal est un progrès unilinéaire '1 2, ce n’est pas le progrès en tous sens, le progrès rayonnant, le vrai.
Ce fait nous est donc absolument acquis. Les animaux les plus parfaits, placés dans les conditions les plus favorables, demeurent étrangers au pro-