M. Mathias Duval, le Darwinisme, p
au saint Docteur. Voici, en effet, la difficulté que saint Thomas se pose dans un article de la Somme Idéologique qui a pour titre : Le choix raisonné convient -il aux animaux 1?
« Comme le dit Aristote, c’est la prudence, vertu intellectuelle, qui fait que quelqu’un choisit à propos ce qui convient à la fin. Or, la prudence convient aux animaux... Cela tombe sous le sens, Et hoc etiam sensui manifestum videtur ; car il paraît dans les œuvres des animaux, des abeilles, des araignées, des chiens, un art etune industrie admirables. Le chien, par exemple, qui poursuit un cerf, s’il arrive à un carrefour, si ad trivium venerit , cherche, en flairant, si le cerf est passé par le premier ou par le second chemin; que s’il trouve qu'il n’y est point passé, aussitôt, sûr de lui-même et sans chercher davantage, il se précipite par le troisième chemin, ja m securus per tertiam viam incedit, non explorando : comme s’il se servait d’un dilemme, quasi utens syllogismo divisivo, dont la conclusion serait que le cerf est passé par ce chemin, puisqu'il n’est point passé par les deux autres et qu'il n’y a que trois chemins. 11 semble donc que le choix raisonné appartienne aux animaux.»
Par où vous voyez que l’objection du docte professeur remonte au moins au xme siècle. Dès cette époque aussi l’on savait la résoudre. « C’est