l)e Animalib. lib., XXI, tr. I, c. iv
voir et enseignement empiriques, « disciplina sen~ si ht lis i. »
Vous voyez comment, avec cette simple distinction du grand Docteur scolastique, Ja difficulté qu’on nous oppose s’évanouit en fumée.
On apprend en être raisonnable, et on acquiert vraiment la science, dit à son tour saint Thomas dans sa belle élude « De màgistro 2 », alors seulement que l’esprit est conduit des idées, des principes généraux, à la connaissance des choses et des faits particuliers : « Quantlo ex universal ih us cognitionihus mens edücitur ut cognoscat particularia. » Apprendre, c'est connaître les choses par principes, c’est en pénétrer la raison et la loi. Or, les animaux ne savent rien par principes, ne savent la raison ni la loi de rien. S’ils avaient des principes, s’ils possédaient la raison des choses, ils feraient comme rhomrne, qui, parce qu’il a raison et science, c’est encore la remarque d Albert le Grand, « s’exerce et progresse en trois choses, ad tria proficit ; dans les sciences spéculatives, dans les arts et dans les vertus morales 1 2 3. » Or, les animaux ne s’exercent ni ne progressent en rien de tout cela.
Les animaux qui sont savants le sont sans avoir rien appris, si l'on veut garder au mot apprendra sa valeur propre.