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II, pp. 150 et s

LES PREUVES DU MATÉRIALISME

sang- s’épanche dans la masse du cerveau : la perte de la conscience est une conséquence de cette altération morbide .

Le délire n’est que l’expression d’une maladie cérébrale.

Pourquoi la perte de connaissance accompagnet-elle la syncope? c’est que, les battements du cœur s’étant affaiblis à l’excès, le sang arrive au cerveau en trop petites quantités.

Les boissons, le thé, le café, l’alcool, le vin n’inlluent-elles pas sur nos idées, en agissant préalablement sur le cerveau ?

Il est donc de toute évidence que les modifications du cerveau exercent une influence sur la pensée. Mais il ne l’est pas moins que la pensée fait sentir profondément la sienne dans les états matériels du corps.

L’instrument de la connaissance, ce sont les nerfs. Par leurs extrémités périphériques, ils reçoivent l’impression des objets de l’extérieur; ces impressions sont conduites, par des fibres nerveuses, à la moelle et au cerveau; et, dans le cerveau, déterminent une connaissance, une perception. Or, voici la découverte, l’importante découverte qu’a faite Bois-Reymond : C’est qu’il y a dans tous les nerfs un courant électrique; c’est, de plus, (pie toute activité des nerfs, soit musculaire, à titre de mouvement, soit cérébrale, à litre de sensation ou connaissance, modifie le courant électrique du nerf. Et parce que le cou-

rant électrique ' opère partout une transformation chimique dans le conducteur humide qu’il traverse, il s’ensuit que tous les phénomènes de connaissance, comme les phénomènes de mouvement, étant accompagnés d’une augmentation ou d'une diminution du courant nerveux, produisent une transformation chimique de la matière dans le corps, et particulièrement dans lè cerveau .

La 'pensée modifie donc chimiquement le cerveau.

Il est donc constaté que la pensée modifie les conditions matérielles du cerveau comme les changements matériels du cerveau modifient la pensée..

La pensée est donc bien une fonction du cerveau.

« La pensée, comme Moleschott se plaît à le répéter, c’est donc un mouvement, une transformation de la matière cérébrale L »

Mais ces preuves ne suffisent pas à cet ami passionné de la matière. Après avoir interrogé la chimie organique et la physiologie, il se tourne vers l’anatomie, et s’efforce de confirmer sa thèse, en établissant que l’intelligence est proportionnée, soit dans l'homme, soit dans les animaux, au volume, au poids, à la forme, au nombre et à la profondeur des circonvolutions du cerveau.

Puis, faisantcomme un dernier effort, et voulant porter un coupâdécisif :

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