La Descendance de l’homme, p
semblables espérances des chiens ou des singes, même de plus noble race ; et personne, dans un temps où le premier venu peut aspirer et arrive à tout, n’aura la prétention de faire du plus magnifique orang-outang ou du plus beau chimpanzé que l’on connaisse, je ne dis pas un professeur, ni un député, ni un ministre, ni un président d’Etat, mais simplement un électeur l. Et pourtant!...
Décidément, tous les raisonnements que l’on apporte pour prouver que les animaux pensent comme nous font croire, avec Bossuet, que « c’est un jeu à l’homme de plaider contre lui-même la cause des bêtes ». Pas un seul, en tout cas, ne répond à cet argument ni ne l’ébranle :
Qui pense et raisonne progresse.
Or, l’homme progresse, etl’animal, même placé dans les conditions les plus favorables, ne progresse point.
Donc l’homme pense et raisonne, et l’animal ni ne pense ni ne raisonne.
Arrivés au point où nous en sommes, je considère la tâche de ce chapitre comme terminée; car, après nos études précédentes sur la spiritua-
1. « Si vraiment l’animal est capable do tout cela, c’est à lui de faire la preuve. Qu’il lo dise donc ! car, dans c« cas, qu’estce qui l’empêcherait de le dire i Qu’il le dise par ses paroles, et qu’il le dise aussi par ses actions et par ses progrès. » Rabier, Leçons de philosophie, 1, p. 671.
L’AME DES BÊTES
fité , 1 origine, Y immortalité de l’aine humaine, votre esprit,, sans doute, découvre d’emblée la tri pie dillerence essentielle entre l’àme de l’homme et celle de la hête, qui suit, par nécessité, de ce fait que l’homme pense et que la bête ne pense point.
Quand nous parlions de la nature de l’àme humaine, nous avons longuement développé ce principe, <pie l’opération des êtres est proportionnée à leur nature, et que l’on peut inférer celle-ci de celle-là l. Du même droit, et pour le même motif ipie lephysiologistedit : telle fonction, tel organe, le philosophe dit, en généralisant la formule : telle opération, telle nature. Or, ajoutions-nous, l ame humaine a une opération, à savoir, la pensée, où nul organe ne saurait atteindre, dont rien de matériel ne saurait être le sujet ni le principe immédiat. Donc, l ame humaine, dans scpi fonds, dans sa nature, n'est point totalement dépendante de la matière, n’est point entièrement plongée dans lo corps, mais émerge, mais brille au-dessus, pour ainsi parler, comme la llamme sur son llambeau. Donc, elle est spirituelle, c’est-à-dire existe d’une existence qui lui est propre, qu'elle ne tient point du corps, ni du composé qu’elle forme avec le corps, ni d’aucun principe intrinsèque autre qu’elle-même.
Par une raison toute contraire, il est évident que l’àme de la hèle n’est point une force émer-