‹ L'ame humaineChapitre 32 sur 203 · I. Jean dé Saint-Thomas, Cûrsiis phil., p · texte numérisé non relu

I. Jean dé Saint-Thomas, Cûrsiis phil., p

RÉALITÉ, SIMPLICITÉ, SPIRITUALITÉ

le veut Locke1, groupées ou réunies, ne sauraient subsister sans un sujet, puisqu’il ne peut être que des zéros de subsistance, même additionnés, fassent une substance réelle, et qu’une longue chaîne de fer tienne en l’air sans point d’attache, quand un seul anneau ne saurait y tenir.

L’or est donc une substance ; mais la forme et les dessins de la pièce d’or n’en sont point une.

Il y a donc deux grandes catégories d’êtres dans le monde : Les êtres nobles, forts, subsistant en eux-mêmes, tenant debout par eux-mêmes, fermes, consistants, stables par nature : ce sont les substances. En regard, l’on voit des êtres faibles, qui ne- peuvent subsister seuls, à qui il faut un support, réalités amoindries, dépendantes, fuyantes, changeantes : ce sont les accidents.

Encore un mot et vous aurez la théorie complète.

Les substances, suivant la profonde remarque d’Aristote, ne sont pas seulement les réalités les plus nobles, c’est à elles que l’être appartient dans le sens absolu et rigoureux. L’accident, en effet, ne fait pas, à proprement parler, qu’une nature soit : comme son nom l’indique,- il est quelque chose de survenant à la nature déjà constituée et formée, accidit. La forme de la pièce de monnaie donnée à l’or ne fera pas que l’or soit, absolument parlant, mais seulement qu’il existe d’une manière

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