‹ L'ame humaineChapitre 35 sur 203 · Lectures, p · texte numérisé non relu

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comment il a traversé la vie; les naïves histoires de son enfance, les aventures de sa jeunesse, les péripéties plus ou moins dramatiques de son âge mùr. Il était gai, il est triste; il était alerte et vigoureux, il est faible et lent; il n’ était que fraîcheur, grâce et souplesse, il nest plus que décrépitude et infirmité. Quel état, et quel état! Est-ce bien le même homme se retrouvant toujours le même aux deux points opposés de sa carrière, et après être passé par de si étranges vicissitudes? Demandez-le au vieillard, si vous vous sentez le courage de le faire sans rougir.

M. Taine, que ce témoignage de la conscience écrase, n’a qu’une ressource : celle d’en infirmer la valeur. Et il ne recule pas devant ce procédé, banal autant qu’odieux, d’un vulgaire scepticisme.

11 évoque donc et appelle à son aide tous les fous, tous les hallucinés, noctambules, somnambules, hommes à double conscience, de l’ancien et du nouveau monde ; et nous apprenons de ces intéressants témoins, que l’un se crut Alexandre, l’autre César, l’autre Napoléon Ier. La conscience nous trompe donc, et son témoignage peut être récusé.

Je me garderai bien de faire la critique d’une pareille thèse. Je ne discuterai pas même « l'argutie grammaticale 1 » — le mot est encore de M. le recteur de l’Académie de Lyon, — ni le fttmeux argument de la planche2 — colossale péti-

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