‹ L'ame humaineChapitre 37 sur 203 · Libcratore, Delt'Uomo. Roma, 1885, L II, p · texte numérisé non relu

Libcratore, Delt'Uomo. Roma, 1885, L II, p

3. Unum nihil aliud significat quam ens indivisum. S. Thomas, Sam. th., p. I, q. ii, a. 7.

RÉALITÉ, SIMPLICITÉ, SPIRITUALITÉ

prié à la sensation, ou connaissance sensible, dont les deux éléments essentiels sont : un ébranlement organique d’une certaine étendue, et l’unité de perception?

Vous voyez que cette preuve de la simplicité de l’àme telle que vous l’entendiez exposer, il y a un instant, prête le flanc à une sérieuse objection. Toutefois, vous l’aurez, bien sûr, remarqué, le défaut qu’on lui reproche, c’est moins de contenir une erreur, que d'être incomplète, et de conclure prématurément. Si, au lieu de dire : Nous percevons par les sens, d’une perception totale et une, divers objets matériels; donc ce qui perçoit en nous est inétendu et simple; l’on se fût contenté de dire : donc ce qui perçoit en nous est un et indivis, tout le monde aussitôt fût tombé d’accord; et l’on eût pu, sans contestation et en pleine sécurité, faire un second pas, pour chercher le complément de la preuve; car cette preuve peut facilement être complétée, et vous en serez vite convaincus avec un peu de réflexion.

Que pensez-vous de ce principe de saint Thomas, dont j’aurai l’occasion, dans un chapitre prochain, de vous montrer la profondeur et la portée ? « Tout être composé de parties n’est et ne demeure un, que s’il possède dans sa nature, outre le principe qui le fait multiple, quelque principe spécial qui le fasse un. » Ne vous est-il pas évident que Yun et le multiple étant opposés ne peuvent être expliqués, non plus que produits, sinon par un double

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principe : un principe de pluralité et un principe d’unité; principes l’un et l'autre intimes à l’être, comme lui est intime sa double propriété, d’ün et de multiple? Et, pour parler un langage moins abstrait, comprenez-vous qu’un corps, une réalité étendue puisse être, à proprement parler, une seule substance, une seule nature exislant d’une existence unique, un seul foyér d’action, si l’un de ses principes constituants ne pénètre, parfaitement un et identique, toutes ses parties, ne les ramène toutes àl’unité d’uneseule nature, ne fait de toutes un sujet unique d’existence unique, et partant une source unique d’activité? En un mot, est-il conce-vable que ce qui de soi est multiple, possède l’unité d’être et l’unité d’agir, sans avoir pour conjoint un principe spécial, générateur spécial de celte double unité?

Après y avoir mûrement réfléchi, vous répondrez sans doute que cela n’est pas concevable, et vous direz avec saint Thomas : Omne divisibile indiget aliquo continente et uniente partes ejus i . Vous affirmerez par là même, — car les deux propositions suivent manifestement l’une de l’autre — que, dans le corps qui est sujet de sensation, il existe un principe le pénétrant dans toutes ses parties et le faisant un pour l’être et pour l’agir.

Eh bien, ce principe, qui met une telle unité

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