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Durand (de Gros), Onlologie'et Psychologie physiologique

regardent et regarderont toujours comme l'idéal du procédé rationnel, la seule que tous veulent suivre, sur laquelle tous s’entendent. Nous n’en pourrions choisir une autre : c’est celle que nous suivrons. Elle s’appelle : Méthode psychologique positive.

« Positif \ positive, lisons-nous dans le Dictionnaire do l’Académie, se dit de ce qui est certain, incontestable. » Qui ne voudrait d’une méthode certaine et incontestable? — Positif , positive, dit de son côté M. Littré, « sur quoi l’on peut poser, compter; qui est assuré, constant. » Personne ne sera jamais hostile à une méthode offrant une base d’opérations inébranlable, menant à des conclusions assurées, constantes. Entin, la méthode positive est, sans doute, la marque, la caractéristique d’un esprit positif. Mais qui ne voudrait être positif, quand le Dictionnaire nous dit encore qu’un esprit positif est celui « qui recherche en tout l’exactitude et la justesse, la réalité et non les chimères ».

Le Penseur français qui, au commencement de ce siècle, entreprit de régénérer la science et la philosophie, en fondant une nouvelle méthode, eut donc mille fois raison de vouloir que sa méthode fût positive. 11 n’eut tort qu’au moment où il crut que ce noble adjectif convenait à son esprit, et à la méthode qu’il avait inventée. Car, ceci soit dit en passant, rien de moins positif que M. A. Comte et sa philosophie.

C’est que, si tout le monde est d’accord, en principe, pour admettre et louer la méthode positive, en fait, beaucoup l’abandonnent et la trahissent, faute d’en connaître et d’en respecter les conditions essentielles.

A quelles conditions donc une méthode serat-elle vraiment positive?

Qu’est-ce d’abord que la méthode? Par méthode, nous entendons ici l'ordre suivant lequel l’esprit procède à la recherche de la science. Toute méthode comporte donc un mouvement de l’esprit marchant du connu à l’inconnu. Et, parce que tout mouvement suppose trois choses : un point de départ, un point d’arrivée, et le trajet intermédiaire; toute méthode, pour être positive, — c’està-dire certaine et incontestable, — doit l’être quant à ces trois choses : le point de départ, le point d’arrivée, le trajet intermédiaire.

Mais d’où partir? — Pas de milieu : il faut partir ou d’un fait ou d’une idée générale, abstraite.

Et je dis que la méthode positive peut indifféremment partir de l'un on de l’autre : car un fait peut être certain et incontestable, et une idée également. Il est certain et incontestable que je parle; il est certain et incontestable que tous les rayons du cercle sont égaux. L’un ne peut pas plus être nié ni contesté que l’autre. Sans doute, ce n’est pas par la même faculté que le fait et l’idée vous sont connus : vous saisissez

le fai ( par les sens, et l’idée par la raison. Mais parce que vos sens ne vous donnent pas plus de certitude du fait, que votre raison de l’idée, vous devez tenir l’idée pour aussi incontestable que le . lait. Et par quel motif, je vous prie, écouteriezvous vos sens, et refuseriez-vous d’éçouter votre raison? Votre raison est au moins aussi humaine que vos oreilles, et, de ce chef, possède au moins autant qu’elles droit à la créance.

Bien plus, s’il existait une différence entre l’autorité des sens et celle de la raison, la différence devrait être au profit de la raison. Car, dit saint Thomas, « la raison étant supérieure aux sens, c’est son témoignage qui prévaut : intellectus, quia est super ior, ejus judicium prœvalet 1 . » Et, de fait, qui croyez-vous, de vos yeux, qui vous montrent le soleil grand comme un disque de trois pieds, ou de votre raison, qui vous le démontre plus grand que la terre?

Des hommes qui ne seraient pas initiés aux difficultés de la philosophie pourraient trouver que j’insiste beaucoup sur une vérité si simple : mais c’est qu’ils n’ont pas réfléchi que cette vérité est le fondement de toute la science humaine: car toute science humaine croule par la hase, si fou n’admet pas que la raison fait autorité dans son domaine comme les sens dans le leur 2.

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