‹ L'ame humaineChapitre 42 sur 203 · Matière et force , p · texte numérisé non relu

Matière et force , p

M. Karl Vogt la suppose et en invoque implicitement l’autorité, quand il appuie un de ses raisonnements par cette observation: « Encore fautil pourtant que la fonction (les scolastiques auraient dit l’opération) soit proportionnelle à l’organisation et mesurée par elle h »

M. Wundt rend, lui aussi, hommage à notre principe, quand, parlant des savants, il dit : « Nous ne pouvons mesurer directement ni les causes productrices des phénomènes, ni les forces productrices des mouvements, mais nous pouvons les mesurer par leurs effets 1 2.»

C’est vous dire qu’aujourd’hui, comme autrefois, tout le monde reconnaît qu’on peut juger de la nature d’un être, par son opération.

Telle opération , telle nature ; tel effet , telle cause; telle fonction, tel organe; tel mouvement , telle force ; telle manière d agir, telle manière d’être. Ainsi parlent, dans tous les siècles et par tout pays, la raison et la science.

Donc, si un être a une opération à laquelle seul il s’élève, à laquelle seul il puisse atteindre, qu’il accomplisse comme agent isolé, dégagé, libre, transcendant, cet être doit avoir une existence transcendante, libre, dégagée et qui appartienne en propre à sa nature.

Or, en regardant l’âme humaine, je lui trouve une semblable opération : je lui vois, à un moment ,

Page 1