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Chapitre troisième, p

LU PRINCIPE VITAL

ou non, l’âme pensante subsiste par elle-même, et peut, par conséquent, exister après la destruction du corps. C’est, on le voit, une tout autre question que celle du principe vital. Aussi, M. Cl. Bernard fait-il justement observer que « l’explication matérialiste de la vie organique a été acceptée par des philosophes décidément spiritualistes, tels que Descartes, Leibnitz et toute l’école Cartésienne L » On peut donc être spiritualiste sans être vitaliste. Mais, pour ne pas tcnirà l’essence même du spiritualisme, la question du principe vital n’en demeure pas moins du plus haut intérêt, et l’un des problèmes où s’est le plus passionné le génie des philosophes et des savants. Le moyen, en effet, de parler de la vie, sans évoquer aussitôt devant l’esprit ces théories fameuses auxquelles se rattachent les noms les plus illustres : Pythagore, Platon, Aristote, S. Augustin, Albert le Grand, S. Thomas, Descartes et Leibnitz, Démocrile et Lpicure, Buffon, Cuvier, Bicbat, Flourens, Cl. Bernard ? Le seul fait que tant de grands hommes se sont préoccupés d’un tel sujet nous assure do son importance; tout comme, il faut le dire, le peu d’accord qui règne entre leurs doctrines nous en fait entendre l’extrême difficulté.

1. Leçons sur les phénomènes de la vie, etc., I. p. 42, et II, p. 428. — Le P. Carbonel, Les confins de lascience et de la •philosophie . t. II, passim, et le P. Tongiorgi, Psycholotjia, lib. I, cap. ii, art. 3, sont certainement spiritualistes, et pourtant ils combattent le vitalisme.

Nous allons entreprendre, à notre tour, cette périlleuse étude, ayant soin d’emprunter au passé . ses vraies lumières, toutes les notions que le temps a consacrées, et au présent ses découvertes; ne nous attachant a priori à aucun maître, . mais les consultant tous, et n’avant, comme toujours, qu’une préoccupation : celle de pénétrer aussi loin dans la vérité que nous le permettront les faits certains, les principes évidents, une logique rigoureuse.

Le plan, du reste, que nous devons suivre en traitant ce sujet : L’âme raisonnable et la vie organique dans l’homme , est indiqué d’avance et s’impose. Nous nous demanderons d’abord, en gé- : néral, si la vie organique réclame nécessairement un principe supérieur aux forces physiques et chimiques ; ensuite, supposé que la vie organique ne puisse s’expliquer sans un tel principe, nous rechercherons si, dans l’homme, ce principe est autre que l’âme spirituelle.

Que la vie animale, nous dit Albert le Grand, suppose un principe d’un ordre supérieur aux forces de la nature inanimée, ç’est chose manifeste, et qui se prouve sans peine. Percevoir, imaginer, se transporter d’un lieu dans un autre, voilà, en effet, autant d’opérations qui dépassent évidemment toutes les énergies de la matière brute, a evidenter patet istaab alio esse principio quam

LE PRINCIPE VITAL

il/ud quod ncituralium cornorum pr incip inin esse dicimus ; mais il faut avouer que s'il existe un tel principe dans les plantes, il y est bien caché, et rien moins qu’apparent, in plantis autem est principium vitœ occultum, et non evidens in operationibus ejus ; et c’est pourquoi, continue le grand homme, la recherche en est très laborieuse, et ne peut réussir qu’avec force syllogismes et raisonnements, per syllogismum et rationem multam L »

Or, c’est précisément de cette vie, sans aucun éclat et si obscure, que l’homme a de commun avec la plante , que nous devons nous occuper ici. Si donc le principe en est si difficile à déterminer, et si la raison y a tant à faire, commençons par définir avec rigueur le procédé que nous devons suivre pour mener à bonne fin notre recherche, et de quels faits exclusivement il nous sera permis d’inférer en bonne logique, que la vie organique relève d’un principe supérieur aux propriétés communes de la matière.

Le procédé que nous suivrons ne différera en rien de celui qu’on nous a vu employer quand nous avons démontré la spiritualité de l’âme. Pour établir et déterminer la transcendance de lame pensante, nous avons regardé à ses opérations : pour établir et déterminer la transcendance du principe vital, nous examinerons

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