Tractat. III, cap. iv
3. Comparer avec l’intéressanl chapitre que M. Denys Codiin a intitulé ; les auxiliaires de la vie, dans son livre, l' Evolution et la Vie, 2e édit., p. 148.
gonisme entre la physique et la vie, les Vitalistes se sont rabattus sur certaines propriétés particulières. Il est bien évident, par exemple, ont-ils dit, que la forme du vivant diffère du tout au tout de celle des corps bruts. Chaque vivant a sa forme spécifique obligée ; le corps brut prend celle que le hasard lui donne. Dans l'un, tout est géométrique, angle ou ligne droite; dans l’autre, tout s’arrondit, se courbe, affecte une certaine irrégularité gracieuse. De même pour la masse : les vivants ne peuvent croître indéfiniment, les corps bruts le peuvent. De même pour la durée : par eux-mêmes, les corps bruts sont éternels, l'existence des vivants, au contraire, est fort limitée. Mais ces nouvelles preuves n'ont pas tenu longtemps.
« La morphologie n'est point particulière aux vivants, ils ne sont pas seuls à se présenter sous des formes spécifiques constantes. Les substances minérales sont susceptibles de cristalliser : ces cristaux eux-mêmes sont susceptibles de s’associer pour former des figures diverses et très constantes, groupements, astérescences, màcles, trémies, etc...; d autres fois, les substances prennent des formes qui ne sont poinl véritablement cristallines, glycose en mamelons, leucine en boules, lécithine en globes, etc. 11 y a donc lieu, jusqu’à un certain point, de rapprocher les deux régions des minéraux et des êtres vivants, en ce sens que nous voycinschez les unsetchezles autres cetle influence
LE PRINCIPE VITAL
morphologique qui donne aux parties une forme déterminée {. »
Voilà comment M. Cl. Bernard détruit l’argument tiré de la morphologie. Voici maintenant comment S. Thomas renversait d’avance , en quelques mots, tout ensemble l’argument tiré de la morphologie et celui qu’on fondait sur la dilférence d’accroissement. « Tout corps, dit le saint Docteur, a sa nature déterminée. Mais les accidents qui suivent d’une nature déterminée et spécifique doivent être eux-mêmes déterminés et spécifiques. Donc, la quantité, la forme, etc., des corps, vivants ou non , sont déterminées, « lie et cum aliejua latitudine, propter diversitatem ma-
TERIÆ 1 2. »
Quant à la durée : « D’abord est-il vrai que les corps de la nature inorganique soient éternels, et que les corps vivants seuls soient périssables ; n’y aurai l-il pas entre eux de simples différences de degrés?... Les astres eux-mêmes n’ont pas toujours existé, dit M. Faye; ils ont eu une période de formation; ils auront pareillement une période de déclin, suivie d’une extinction finale 3. »
L’on pourrait demander ensuite si l'on a grande chance de prouver que les vivants sont d’un ordre supérieur aux non vivants, en invoquant le fait