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V. Cl. Bernard, Leçons sur la digestion

cipes élémentaires, favorisées et accélérées, ici, par les mouvements péristaltiques de l’estomac, là, par les mouvements vermiculaires de l’intestin grêle : voilà toute la digestion. La chimie et la mécanique y font tout et y expliquent tout.

La physique et la chimie expliquent, sans plus de peine, l’absorption. Réduite à ses termes les plus simples, l’absorption n’est pas autre chose que l’introduction dans le vivant d’une ou plusieurs substances étrangères : c’est le premier terme de l’échange incessant que l’on observe entre les corps organisés el les milieux qui les environnent; c’est une des conditions essentielles du mouvement vital. L’absorption n’a pas, comme la plupart des autres fonctions, d’appareil particulier qui lui corresponde; elle appartient à toutes les parties vivantes. Pour qu’elle s’opère, il suffi! qu’une matière liquide ou gazeuse soit placée au contact d’une surface qui a vie. Il suit de là qu’on distingue diverses absorptions, suivant la place où elles s’effectuent. Mais, parce que l’absorption digestive est la plus considérable, et que l’avoir expliquée c’est avoir lait suffisamment entendre ce. que sont toutes les autres, nous allons parler de celle-là.

L’on peut dire que l’absorption se fait sur toute l’étendue du tube digestif, dans la bouche, dans l’œsophage, dans l’estomac ; mais il est démontré que c’est dans l’intestin grêle qu’elle acquiert tout son développement. Voyons donc comment s’ef-

LE PRINCIPE VITAL

fectue, clans cette région de l’organisme, le passage des substances alimentaires de l’extérieur dans l’intérieur des vaisseaux ; car , c est ce passage qui constitue, chez les animaux supérieurs, l’essence de l’absorption.

D’abord, il faut bien nous souvenir que, contrairement à la fameuse théorie des bouches absorbantes, que l’on prétendait être placées à l’origine des vaisseaux absorbants, le système vasculaire, en toutes ses parties, ne présente que des appareils dont les réseaux terminaux sont clos de toutes parts. Les substances qui s’introduisent dans leur intérieur ne le peuvent donc qu’à la condition d’être dissoutes, et réduites en gaz ou en liquide; car, à cet état seulement, elles peuvent traverser les tuniques des vaisseaux L

Mais comment s’y prendront-elles pour les traverser ? — Elles y arrivent par un procédé physique très simple, en utilisant des propriétés physiques connues, et qu’il nous suffira presque de nommer, pour que tout mystère s’évanouisse : diffusion, imbibition simple, imbibition par pression, osmose. Qui ne connaît ces choses ? L'absorption ne demande rien de plus.

En effet, on sait que les trois principaux produits de la digestion sont la glycose, la peptone et les matières grasses. Or, la glycose et la peptone (albuminose et matières albuminoïdes dissoutes), baignant dans les vaisseaux chylifères et

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