‹ L'ame humaineChapitre 65 sur 203 · Cite par le Dr Chauffard, la Vie, p · texte numérisé non relu

Cite par le Dr Chauffard, la Vie, p

Pendant les deux siècles qui ont précédé le nôtre, il était généralement admis par les savants que chaque organisme, dès son commencement, est pourvu de toutes les parties que sa nature comporte. L’être, en cet état, est réduit à une petitesse qu’on n’imagine pas; mais si petit qu’il soit, il est complet. Il n’a qu’à grossir , à développer ses parties. Il n’a pas à se former, il est pré formé, et préformé depuis l’origine même de ses premiers ancêtres. On reconnaît, en ces quelques mots, la fameuse théorie delà préexistence , ou de Y emboîtement des germes , dite encore de Yinvolution , que Swammerdan, Harvey, Malpighi, Ilaller ont embrassée et rendue populaire, pendant plus de cent ans, par leur nom autant que par leurs recherches.

Cette théorie, Wolff et de Baer l’ont renversée, en y opposant des faits indéniables et des raisons péremptoires; et ladoctrine de V épigénèse a remplacé la théorie de la préformation L Voici donc, en deux mots, d’après les données les plus récentes et les mieux établies de la science, l’histoire schématique de la formation et du développement des êtres vivants qui nous entourent, des plus élevés tout comme des autres. Au commencement, ils ne possèdent aucun des membres, aucun des organes qu’ils auront plus tard; ni cœur, ni pou-

1. Malhias Duval, le Darvjinisme, p. in-xxxin. — Frédault, Traité d'anthropologie, p. 3G1-367.

LE PRINCIPE VITAL

nions, ni tète, ni estomac, ni fibres, ni muscles, ni vaisseaux, même à l’état de miniature. L’être futur, dont on admirera quelque jour la grandeur, la force, la. structure à la fois si complexe et si bien concertée, est en ce moment une simple cellule, moins que cela, « une petite masse granuleuse, sans forme dominante, » nue, sans enveloppe, le protoplasma. C’est de ce point imperceptible que tout va partir; c’est ce fondement presque invisible qui portera l’édifice vivant le plus grandiose, qu’il se nomme lion , cheval ou homme. Mais là n’est pas encore la merveille.

La merveille, c’est quecet atome, cette informe petite masse, va être l’ouvrier de sa perfection et de sa grandeur. Oui, ce qui est petit va se faire grand, ce qui n’a pas l’organisation va se donner l'organisation, ce qui agit à peine rayonnera bientôt de toutes parts l’énergie et l’action sous les formes les plus brillantes, ce qui mérite à peine le nom d’être va monter, par ses propres forces, jusqu’aux plus hauts sommets de l’existence.

Voici une masse protoplasmique, Qu’en sortirat-il? Un éléphant, une souris, ou un homme? Le microscope ne le voit point. Nul ne le sait, l’avenir seul le dira. Eu attendant, elle condense son noyau, puis elle se forme une enveloppe dont elle se revêt tout entière. Nous voilà en face de la première cellule « qùi est, aussi la première forme .déterminée de la vie, une sorte de moule où se trouve encaissée la matière vivante, le proto-

plasma >. » La cellule s’enfle, se gonfle et, par une sorte d’étranglement étrange, se divise en deux parties égales, de forme arrondie 2. D'une cellule, il s’en est fait deux. Ces deux cellules se comportant comme tout à l’heure la première, nous obtenons quatre cellules, qui se divisent ellesmêmes, et ainsi de suite. Les cellules se multiplient, mais, en se multipliant, elles nese séparent pas; elles sont distinctes, mais non isolées. Le protoplasma qui les produit toutes les tient aussi toutes sous sa dépendance, et les pénètre de son unité en les pénétrant de son action; car elles ne sont et ne subsistent que par lui. Mais non seulement les cellules se multiplient et s’unissent, les voilà qui s’ordonnent et se disposent, suivant un plan qui s’accentue et se précise à chaque moment : la poussée initialedu protoplasma n’est pas seulement féconde, elle est ordonnatrice. Ici, la masse des cellules se creuse en forme de vais-

seaux; là, elle s’allonge en fibres; ailleurs, elle se condense en muscles; le cœur, les poumons, la poitrine, Taxe vertébral, la tète s’ébauchent et se façonnent tour à tour; les bourgeons rudimentaires

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