Drion et Fernet, Trailé de physique, 9° édition, p
LE PRINCIPE VITAL
similitude de nature, puisque, suivant le mot d’Aristote, le vivant n’engendre qu’autant qu’il produit un autre être qui lui ressemble, non pas sim plement par telle ou telle propriété accidentelle, mais par la substance, qui soit substantiellement et absolument tel que lui « oîov cmo » l.
Il reste donc bien établi que ce terme, ce couronnement de lanutritionqui s’appelle génération, est réellement une propriété spécifique, la marque absolument distinctive du vivant. Et, de la sorte, la théorie cellulaire démontre bien ce qu'il nous fallait démontrer d’abord, à nous Vitalistes, à savoir : que les vivants présentent des phénomènes absolument spéciaux, nettement caractéristiques, qui ne se trouvent qu’en eux.
Mais nous ne sommes pas encore au bout de notre tâche. Le vitalisme, en effet, n’est pas établi parle seul -fait qu’il a prouvé que les vivants possèdent des propriétés tout à fait spéciales. Il veut qu’on lui accorde, dans les vivants, l’existence d’un principe supérieur aux forces physiques et chimiques. Or, cela ne sera accordé, qu’autant qu’il pourra montrer, dans les vivants, des opérations ou des propriétés supérieures aux opérations et aux propriétés des corps bruts. Si ces propriétés " existent, la raison autorise et même oblige à hiérarchiser les êtres; si elles n’existent pas, la rai-
1 ,1)e l'Ame, livre II, ehap. iv.
son commande de n'en faire qu’une classe, et de ne pas distinguer d’ordres privilégiés. Si les vivants possèdent vraiment des titres de noblesse, qu’on les produise. Il nous reste donc à prouver maintenautque, parleurs propriétés spécifiques, parla nutrition dont nous avons parlé, Jes vivants sont mis tout à fait hors de pair, et passent, en nous faisant passer avec eux, dans un monde nouveau et supérieur. Cette démonstration ne sera heureusement pas difficile, car nous avons les éléments tout préparés dans ce qui a été déjà dit. Il ne s’agit que de regarder avec un peu d’attention les traits caractérisques principaux de la vie. La supériorité qu’ils assurent aux v ivants éclatera d’cllemème, avec une pleine évidence.
« S’il fallait définir la vie, écrivait M. Cl. Bernard, d’un seul mot, qui, exprimant bien ma pensée, mit en relief le seul caractère qui, suivant moi, distingue nettementla science biologique, je dirais : Lavie, c'est fa création. » Et, plus loin :
« Dans tout germe vivant, il y a une idée créatrice , qui se développe et se manifesteparl’organisation. Pendant toute sa durée, l’être vivant reste sous l’influence de cette même force vitale créatrice , et la mort arrive lorsqu’elle ne peut plus se réaliser l. » La vie, c’est la création : elle crée son organisme. La vie n’est pas. comme on l'a si bien dit, « l’hôte qui vient dans la maison, quand elle