Lucrèce, II. — Plalon, République, I
LE PRINCIPE VITAL
pant de l'éternité et de l’immensité de Dieu *.
Celte fécondité envahissante et conquérante delà vie, que des statistiques et des calculs bien connus montrent si extraordinaire, voilà un nouveau et incontestable tilre de supériorité pour les vivants.
Mais faisons davantage œuvre de philosophes, et après avoir caractérisé la vie à la façon des savants et avec leurs propres paroles, efforçonsnous d’en préciser encore la notion et d’en fixer le caractère abstrait fondamental. Par ce moyen, nous verrons, sans doute, ressortir avec plus d’éclat la supériorité des vivants, et nous nous formerons de la vie une idée qui nous ouvrira, peut-être, des horizons.
Rappelons-nous la cellule-mère, le procédé et la marche évolutive de la nutrition, telle que nous l’avons décrite.
Le vivant se nourrit donc et s’accroît. 11 s’accroît dans tous les sens et dans loutes les directions, comme le fait observer, avec une insistance marquée, Aristote. La nutrition est, en conséquence, par certain côté, un mouvement. Mais ce mouvement, d’où vient-il? Quel en est le principe? 11 vient du vivant lui-même. Car, qu’on veuille bien remarquer ce point essentiel, la vie, à son origine, est moins un mouvement actuel, une activité en exercice, qu’une force capable de pro-