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De l’Ame, livre II, chap. n

duire le mouvement et l’action. Dans l’embryon, hormis l’impulsion initiale à peine appréciable, tout est non pas actuel, mais virtuel et potentiel. Le parent ne transmet pas à son produit la somme globale des mouvements à effectuer pendant la durée de son existence. En effet, il n’y a pas de mouvement sans mobile, puisqu’il ne peut exister de mode sans sujet. Or, le mouvement ordonnateur de l’organisation n’a pas de sujet où il n’existe pas actuellement d’organes : donc, il ne peut pas exister dans la cellule primitive, puisqu’elle est dépourvue d’organes; pas plus que le mouvement actuel de la marche ne peut exister où il n’existe actuellement ni pieds ni jambes. La cellule initiale ne peut être que le sujet d’un mouvement actuel initial, non global, et le parent ne lui en transmet pas d’autre. D’où viendra donc le mouvement dans la suite? Il ne pourra venir que d’une force communiquée au vivant par la génération, ou du milieu. Or, le milieu, avec son enchevêtrement de forces et d’énergies, la mêlée confuse d'actions et de . réactions qui le composent, ne peut en aucune façon expliquer l’évolution nutritive, si assurée et si ferme dans son allure, si harmonieuse, si constante. Le mouvement actuel de la nutrition ne venant ni du parent ni du milieu, force est bien de reconnaître qu’il vient du vivant luimême. Le vivant qui se nourrit se meut donc, et se dirige lui-même : il se fait donc passer luimême de puissance à acte, et, par conséquent, son

LE PRINCIPE VITAL

mouvement est non pas libre toujours, sans doute, mais toujours spontané.

Agir spontanément, c’est se donner plus de mouvement actuel qu'on n’en a reçu; c'est agir, dans une certaine mesure, de soi et par soi. Voilà ce que fait le vivant. Le non-vivant ne fait rien de semblable. Il ne se donne rien de nouveau; il se meut comme on le meut, ou, plutôt, il ne se meut pas, il est mû, « Agitur, non agit. »

On dit quelquefois que les corps bruts agissent spontanément . En parlant ainsi on tient un langage impropre et qui embrouille : c’est naturellement qu’il faut dire. L’eau mouille, la lumière éclaire, le feu brûle, etc., naturellement, non pas spontanément ; car ni l’eau, ni la lumière, ni le feu ne se déterminent eux-mêmes à mouiller, éclairer, brûler. Ils y sont tout déterminés actuellement par leur nature. 11 ne leur manque que l’occasion. Et nous voilà encore ramenés à conclure que le corps brut est inférieur au vivant, mais inférieur de toute la distance qu’il y a d’agir par soi à n’agir que par un autre L

« Les corps bruts sont dépourvus de spontanéité; les êtres vivants, au contraire, doués de spontanéité 1 2. » D'après ce que nous venons de dire, l’on comprend que c’est une différence immense au profit des vivants. Mais voici qui

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