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nous fera voir la différence plus grande encore.
Agir spontanément, en etlet, c’est se porter, se déterminer à l’action, c’est se mouvoir soi-même. Mais, qui se meutsoi-mème, remarque S. Thomas1, est tout ensemble son moteur et son mobile, le principe et le terme de son activité. Toute action vraiment et proprement spontanée, comme telle, est immanente. La spontanéité et l’immanence sont l’endroit et l’envers de l’action vitale. Celleci demeure donc dans le sujet qui la pose, et, comme se plaît à le redire Je Docteur angélique, elle en est l’acte et la perfection.
Mais, quel avantage l’immanence de son action n’assure-t-elle pas au vivant sur tout ce qui n’a pas vie? Par la spontanéité, il est le principe de son opération et en a l’honneur. Grâce à l’immanence, voici qu’il en est le terme, et il en recueille le profit. « L’opération de la molécule minérale est. toujours une dépense de force, jamais une recette : tandis que l’acte vital proprement dit est toujours un acte de conservation ou de développement2. » Comme le vivant agit de lui-même, il agit pour lui-même. Il est, en quelque façon, sa propre fin. Bien plus, il est la fin des êtres qui l’entourent.
Voyez l’arbre (pii se nourrit. L’air, l’eau, la terre, la lumière, la chaleur, il met tout à contribution; il s’empare de tout et utilise tout. J'ai dit,
\. Somme cojitce les Gentils, liv . I.chap. xvii.
M. Farges, la Vie et l’Évolution des espèces, p. 29.
LE PRINCIPE VITAL
il s'empare de tout : c’est lui-mème, en effet, qui se détermine à l’œuvre de la nutrition et se constitue partie prenante. Le milieu, il est vrai, le sollicite et agit sur lui, comme il agit sur un morceau de bois mort. Mais, à la différence du bois mort, qui ne réagit que suivant les lois ordinaires de la mécanique et de la chimie, l’arbre répond par une réaction spéciale, qui a pour marque inimitable et pour effet, non pas seulement de modifier et de s’adjoindre les substances qui le touchent, ou de s’abîmer, ou de se perdre avec elles, en formant des composés nouveaux, mais de se les assimiler, de les transformer et de les tourner en lui-même, jusqu’au point qu’ils cessent d’être eux pour devenir lui l. Se nourrir, c’est donc poser une action dont le milieu peut être la condition et l’occasion, non le vrai principe, ni la vraie cause; et dont le terme ou le résultat, obtenu par un circuit plus ou moins long et plus ou moins compliqué 2, est la conservation et l’accroissement du vivant, aux dépens de ce qui l'entoure.
Le vivant est donc bien la tin des autres êtres : une existence principale et plus noble, à laquelle sont subordonnées et sacrifiées même les existences inférieures.
Résumons-nous, et montrons que la preuve que nous devions faire est faite, et qu’elle est décisive.