‹ L'ame humaineChapitre 80 sur 203 · Liv. IV, ch. xi · texte numérisé non relu

Liv. IV, ch. xi

LE PRINCIPE VITAL

sur les substances qui se trouvent dans son voisinage immédiat: elle travaille en aveugle, sur une matière qu’elle ne perçoit point, pour une lin qu elle ne connaît point. La plante est au dernier degré de l’autonomie.

Aussi occupe-t-elle le dernier degré de la vie. Au-dessus d’elle il y a l’animal.

C'est que l’animal est moins dépendant. Il n’est pas fixé au sol comme la plante : il peut aller chercher au loin les objets qu’il lui faut, et ces objets, il ne les emploie pas sans les connaître. Quand il se les assimile par la connaissance, il 11e subit pas toutes leurs conditions matérielles, comme lorsqu’il se nourrit: la pierre, parexemple, quand il voit, n’entre pas dans son œil à l’état de bloc, mais à l’état d’image. Pour agir, il a besoin d’être provoqué par les objets extérieurs. Son action leur est une réponse, mais il ne répond pas en simple écho. 11 ne reste pas passif sous leur action, comme le cristal qui reçoit un rayon de lumière : il répond à la provocation toute mécanique de l’objet, par un acte d’un autre ordre et plus élevé, un acte vital 1 : la perception, absolument sans analogue, — le matérialisme a dû en faire l’aveu 2, — avec le choc qui en est l’occasion.

Toutefois l’animal ne connaît que le matériel

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