Paul de Jouvencel, la Vie, 2° édit. , p
3. Schopenhauer, cité par le P. Tilman Pesch, dans Die grosseji Wellrdthsel. t. II, ü. 148.
LE PRINCIPE VITAL
l’activité vitale; il reste toujours qu’un phénomène au moins, le grand phénomène delanutrition, est la propriété spécifique, l’apanage exclusif du vivant; et que la nutrition, impliquant une activité spontanée, immanente, autonome, nous manifeste un genre de propriétés à la fois nouveau et supérieur.
Or, un genre de propriétés nouveau et supérieur suppose dans l’être qui en est doué un principe d’un ordre nouveau et supérieur.
Donc il existe, dans les vivants, un principe d’ordre supérieur, et qui n’est pas réductible aux forces physiques et chimiques.
CHAPITRE QUATRIÈME (Suite.) l’ame raisonnable et la vie organique dans l’homme.
Sommaire. — Le principal vital, dans l'homme, n’est pas autre que l’âme spirituelle.
Des (leux questions auxquelles nous avons entrepris de répondre dans cette étude, une seule est résolue : nous savons désormais que la vie suppose un principe spécial d’ordre supérieur : rien de plus. Mais ce principe, dans l’homme, est-il autre que l’âme raisonnable ? Ou bien, estce l’âme raisonnable elle-même qui nous fait êtres vivants, comme elle nous faits êtres pensants ? Nous l'ignorons encore, et c’est ce qui nous reste à rechercher et à dire.
Pour décider si l’âme raisonnable est, en nous, oui ou non, le principe de la vie organique, il faut, avant tout, savoir quelles conditions réclament la nature et les fonctions de principe vital. Nous voilà donc obligés d’approfondir encore la nature
AME PENSANTE ET VIE ORGANIQUE
de ce principe; et, après avoir dit, en ce qui précède, surtout ce qu’il n’est pas, il nous faut maintenant essayer de dire ce qu’il est.
Je remarque d’abord que le principe vital doit être une réalité substantielle, c’est-à-dire entrer comme partie constituante dans la nature du vivant. La chose est évidente. En tout être, en effet, le principe premier des opérations spécifiques, c’est la nature : tout, être ne peut agir que suivant sa constitution intime et essentielle. Or, le principe vital, nous l’avons vu, est le principe premier des opérations propres à l’être vivant. Donc, le principo vital fait partie de la nature du vivant, entre dans sa constitution substantielle.
Si c’est là ce qu’a voulu dire M. Robin, quand il écrivait : « La vie est consubstantielle aux éléments; de toutes les séparations proposées, celle de la vie et de la matière est certainement la plus impossible 1 » ; M. Robin a vu juste, et nous accepterons sa formule. Xavier Bichat, lui .aussi, avait entrevu cette vérité, quand il affirmait que fa vie devait s’expliquer, non pas par je ne sais quel principe planant au-dessus de la matière, mais par un principe intime et immanent comme l’est une propriété ; et qu’il écrivait : « Il y’a dans la nature deux classes d’êtres, deux classes de propriétés , deux classes de sciences. Les êtres sont organiques ou inorganiques ; les propriétés