‹ L'ame humaineChapitre 83 sur 203 · I . Revue scientifique , 1870, n · texte numérisé non relu

I . Revue scientifique , 1870, n

sont vitales ou non vitales ; les sciences sont physiques ou physiologiques l 2. »

M. Cl. Bernard appelle cette vue de Bichat : « une illumination du génie » Je ne sais s’il faut recourir jusqu’au génie pour expliquer la présence, dans l’esprit de Bichat, d’une idée vieille comme Aristote ; mais ce qui est certain, c’est que l’illumination du génie a manqué à Cl. Bernard, quand il a dû expliquer, lui, pour son propre compte, comment il entendait la nature du principe vital. Nulle part, en effet, ne se manifeste, comme à cet endroit, l’inlluence déplorable qu’exercèrent jusqu’à la lin sur son esprit, d’ailleurs si puissant et si naturellement philosophe, l’enseignement et les principes matérialistes de son maître, l’illustre Magendie.

Eu plus de vingt endroits de ses œuvres il affirme que les forces de la matière brute ne sauraient donner la raison de tous les phénomènes observés dans les vivants ; nul n’a vu, ni dit plus nettement que lui, que laphysiqueetla chimie ne peuvent expliquer la vie : « car il est clair que cette propriété évolutive de l'œuf qui produira un mammifère, un oiseau ou un poisson, n'est ni de la physique, ni de la chimie 3, » et que, par conséquent, la vie a son quid proprium absolument et rigoureusement défini, à savoir : «. la propriété évolutive,

Page 1