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La Philosophie en Frànce au XIXe siècle, p

du principe vital, la division que l’on opère dans les animaux inférieurs suppose que ce principe est divisible, et non pas simple. D'où il résulterait, à tout le moins, qu’ici nous nous trouvons acculés à une antinomie absolue. Mais si l’on veut y regarder de près, l’on remarquera que l’antinomie n’est pas réelle; qu’elle est seulement apparente, et n’existe que pour ceux qui, comme M. Yulpian, commettent une confusion, et voient une parité où il n’en existe point. D’une part, en effet, qu’avons-nous? Un fait certain, reconnu par tous, aussi bien par M. Yulpian que par nous : l’unité vitale. Et c’est de ce fait incontestable et incontesté que partent les Yitalistes, et qu’ils infèrent la simplicité du principe vital. D’autre part, voici M. Yulpian qui nous dit : Dans les animaux que l’on divise, votre principe vital est divisé : donc il est divisible et non pas simple. Mais cette division du principe vital dans les animaux opérés est-elle un fait certain, incontestable et incontesté, comme est celui de l’unité vitale? Pas le moins du monde. Est-il évident par soi, ou a-t-on du moins démontré, qu’en ces sortes d’expériences, le principe vital est coupé en deux, trois ou quatre morceaux, tout comme le corps de l’animal? Non. Cette division est présumée, non prouvée ; c’est une hypothèse, acceptée comme l’explication obvie et la plus simple du phénomène en question : rien de plus. Mais, en physiologie, les explications obvies

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et les plus simples ne sont pas toujours vraies : l’assimilation directe de 1VI. Yulpian et la combustion directe de Lavoisier en sont la preuve. M. Yulpian, quand il argumente contre la simplicité du principe vital, part donc d’une simple hypothèse; les Yitalistes, au contraire, quand ils raisonnent pour établir leur thèse, s’appuient sur un fait certain. On ne saurait plus dès lors parler ici d'antinomie absolue ; car une hypothèse opposée aune certitude ne fait pas une antinomie absolue. Et l’on ne saurait davantage mettre sur J$a même ligne la théorie de M. Yulpian et celle du vitalisme ; puisque la première repose sur un fondementruineux, et .l’autre sur une hase inébranlable.

Ce qui se passe, du reste, quand, unanimal étant coupé en deux, ses deux tronçons continuent de se comporter comme avant la division, je n en sais rien, et les philosophes sont partagés d’avis. Les uns disent : on peut faire au sujet des animaux que l’on divise une double hypothèse : ou bien ce sont des individus véritables, jouissant d une vie réellement une et distincte; ou bien ce sont des individus soudés ensemble, comme les colonies de polypiers, certains vers ou annélides, tids que le myrianide de Milne-Ewards, qui traîne après lui, soudés ensemble, une série parfois très longue de jeunes individus d’âges différents, rangés par ordre de progéniture, l’aîné en arrière, le plus jeune en avant et uni directement au corps de la mère. Si l être que l’on divise est une simple colo-

aie 1 * * 4, il est tout naturel que les tronçons vivent, puisque déjà auparavant ils étaient en possession d’une vie distincte. Si, au contraire, bètre est un véritable individu vivant, il faut tenir, ou bien que nulle partie ne vit plus après la séparation faite, ou bien que la vie ne persiste qu'en un seul des tronçons, le plus considérable, celui où se trouveraient encore réalisées les conditions essentielles de l’organisme. Ainsi la tête, ni le tronc d’un chien décapité ne vivent plus : la queue enlevée à la larve de grenouille ne vit plus; mais la larve vit encore, etc. Les apparences de la vie se maintiennent, il est vrai, plus ou moins longtemps, dans ces membres amputés, mais -ce ne sont que des apparences. En vertu de l’impulsion vitale donnée précédemment à la. matière, les phénomènes physiques, chimiques, mécaniques, se poursuivent encore durant ün certain temps, dans une direction donnée, mais en réalité la vie est absente. Si, comme nous le voyons, dans certaines matières organiques, la structure moléculaire produite par la vie persiste un temps parfois considérable, après mort certaine, pourquoi quelque chose de semblable n’aurait-il pas' lieu dans l’ordre de l’activité?

D’autres admettent qu’en certains cas, la vie persiste dans plusieurs parties de l'animal, après

1. L'arbre? avec ses branches, serait dans ce cas, suivant l’o-

pinion qui parai-t la plus commune, liufi'on n’hésitait pas à dire

que le bourgeon qui se développe est « un pelit arbre qui

s’ajoute aux autres ».

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qu’on l’a divisé. C’est, disent-ils, que, par la division, il se fait- une multiplication du principe vital lui-même. Et, poursuivent ces penseurs, cetta explication n’est nullement inconciliable avec le thèse de la simplicité du principe vital. 11 fautbien se souvenir, en effet, qu’entre lo principe vital et le corps vivant, il existe l’union la plus étroite, la plus intime, au point que, des deux, il se fait un seul être, une seule nature, une seule substance, comme le montre l’opération vitale qui n’est ni du corps ni du principe vital seul, mais du composé. Or, dans cette union, dans cette fusion des deux éléments essentiels dont se forme le vivant, comme il y a échange et communication réciproque de nature, il y a aussi échange et communication réciproque de propriétés. Il eu serait du principe vital comme d’une force ou forme quelconque : « Les diverses forces des êtres corporels sont inétendues par elles-mêmes , autrement elles auraient une figure, et l’on pourrait se demander si la force de gravité est cubique, cylindrique ou pyramidale... Cependant la force, en tant qu’elle informe tel sujet corporel, participe à sa nature étendue... Ainsi la matière devient forte et la force devient matérielle accidentellement l. » De même pour le principe vital, poursuivent nos philosophes : l)e soi, il est simple et indivisible : mais, à raison du corps qu’il informe, et , par accident , il devient étendu et divisible ; de telle sorte que, s’il s’agit d’êtres

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