I. M. Purges, Matière et Force, p
inférieurs, à structure très simple, dont les parties sont à peine différenciées, rien n’empêche que la division d’un vivant n’en fasse deux l.
D’autres enfin présentent une explication beaucoup plus simple, pourtant très respectueuse des faits observés, et relativement claire : Les vivants, disent-ils, sont doués d’un pouvoir générateur qui s’exercea différents degrés, — j'ajouterais : d’une manière ordinaire ou extraordinaire, normale ou violente. Ce pouvoir se manifeste à son degré suprême, et d’une façon normale, dans la génération proprement dite, dans la production delà cellule-mère, par laquelle le vivant reproduit un autre vivant semblable à lui. Il apparaît, au contraire, à un degré inférieur, mais s’exerçant d’une façon normale et régulière, dans la production des cellules ordinaires auxquelles il ne communique qu’une partie de son énergie vitale , et parfois, en cas de mort naturelle, dans la production de formes vivantes, éphémères et de puissance réduite, qui précèdent et préparent la dissolution complète du vivant, et le retour définitif de ses éléments constitutifs au monde minéral. Enfin, le pouvoir générateur s’accuse avec éclat, mais ne s’exerce que d’une façon tout ensemble restreinte et violente, dans certains cas de division, où l’être est partagé en fractions assez considérables et suffisamment appropriées pour être sujet de vie.
Telles sont les explications que l’on peut pro-
i . Albert le Grand, de Animà, lib. I, tractai n, c xvi.
AME PENSANTE ET VIE ORGANIQUE 2Î9
poser du fait qu’on appelle la multiplication des vivants par division. Je ne ferai à leur propos qu’une seule observation : c’est que le sort ni la vérité du vitalisme ne dépendent de leur sort, ni de leur vérité. Les Antivitalistes peuvent les rejeter toutes les trois, sans que notre thèse de 1 un i té ou de la simplicité du principe vital en soitle moins du monde atteinte. Notre thèse, en ellet, repose tout entière et uniquement sur un fait que les Antivitalistes admettent, et sur un principe qu’ils ne peuvent rejeter. Le fait est l’unité vitale en tout individu vivant. Le principe est que la cause première et radicale de l’unité, en tout genre, ne peut être que l’un et le simple. Tant que le fait et le principe demeureront, la thèse tiendra. L'on aura beau dire que la vie se multiplie par la division : en admettant que le fait soit prouvé, il nous obligera simplement à énoncer notre thèse de la sorte : Le principe vital est un et simple actuellement et formellement , mais il est multiple potentiellement et virtuellement . Après quoi, les Antivitalistes, tout comme nous, auront à expliquer comment il se peut faire qu’un principe actuellement simple donne naissance, par voie de division, à des principes qui soient actuellement plusieurs. L’explique qui voudra, et qui pourra. En attendant, les deux faits de l’unité et de la multiplication du vivant par division étant supposés réels, la formule aristotélicienne s’impose en toute rigueur : ’AvL'/.r, 5:... -q» tyr/qt
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Le principe vital est une réalité substantielle, simple et de soi indivisible. J’ajoute qu’il est stable et permanent. « La loi, la grande loi qui fixe les rapports des forces avec la matière, dans les corps vivants, est, d’une part, la permanençe des forces, et de l’autre, la mutation continuelle de la matière 2 ». Après ce que nous avons dit dans, le chapitre précédent 3, du tourbillon vital et de la muance perpétuelle de toutes les parties dans le corps vivant, je n’ai plus à insister ; et chacun sait que l’unité de la plante, de l’animal et du moi pendant toute la durée de leur vie, ne s’explique que par la persistance de l’âme demeurant toujours une et identique, sous le flot mobile des phénomènes et de la matière : « Est una unilate unius formœ... Nihil enim est simpliciter unurn, nisi per formam 'unam 4. »
Nous pouvons maintenant nous former une idée exacte et suffisamment complète du principe vital dans les corps qui ont vie autour de nous : c’est une réalité substantielle , simple et cle soi indivisible , pénétrant et unifiant le corps au point de former avec lui un seul principe d'action, et lui conférant la vertu de se nourrir, de se développer et de se reproduire.