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Chapitre troisième

2. Metaphys., Iib. VIII, t.X, et de Xnimd, lib. II, t. XXX, XXXI.

Elle peut donner la vie, mais la donne-t-elle en fait?

Je répondrai a priori que, si elle peut la donner, elle la donne. La nature, dit Albert le Grand, n'admet point de principes superflus, et il ne fauf point placer plusieurs âmes où une seule suffit : « Nalura enim non abundat super finis L » Puis donc qu’il est admis que l’âme raisonnable peut donner la vie, n’allons point chercher à la vie une autre cause, et tenons qu’etfectivement elle la donne. Ce petit raisonnement suffirait, à lui seul, à trancher la question.

Mais nous n’en sommes point réduits à cette seule preuve, et les faits les plus certains établissent péremptoirement cette vérité. Je n’en citerai que deux.

Le premier est l’unité du moi humain. Je suis un être corporel, vivant, sentant, pensant. Je suis toutes ces choses, et je suis un quand même. Ma conscience me le dit, aussi clairement qu’elle me dit que j’existe, et chaque homme pense de soi ce que je pense de moi-même sur ce point. Or, ce fait de l’unité du moi est-il conciliable avec l’existence, en nous-mêmes, d’un principe vital distinct de l’âme raisonnable? Non; car, si vous posez ces deux actualités, vous brisez l’unité de notre nature et de notre moi. Et avec quoi la referezvous ? Direz-vous que c’est le corps qui relie le principe vital et l’âme ? Mais par quoi reliez-

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