Ibidem, p
AME PENSANTE ET VIE ORGANIQUE
fait dune rien à notre doctrine. Elle 11e nous regarde pas.
La troisième nous regarde, il est vrai, mais elle ne nous atteint pas d’avantage.
« Le principe de la pensée a une existence indépendante de la matière, et il survit au corps qu’il anime. Le principe de la vie, au contraire, meurt à son heure et ne peut pas être conçu en dehors de l’agrégat matériel auquel il préside. »
L’on va voircette difficulté s’évanouir, aveedeux petites distinctions : Le principe de la vie, ditesvous, meurt à son heure. — Je distingue : leprincipe vital, quin’estque principe de vio organique, qui ne peut agir que dans la matière et avec la matière, celui-là meurt à son heure, je l’accorde : le principe vital, qui n’est pas que principe de vie organique, mais qui est en même temps principe de vie intellectuelle, qui n’agit pas seulementdans la matière et avec la matière, mais agit sans la matière et hors de la matière, ce principe meurt à son heure, je le nie. Or, l’âme raisonnable est justement ce principe qui, outre la vie, produit encore la pensée, et par conséquenl agit, et par conséquent peut exister sans le corps, et hors du corps.
L’objection ajoute, il est vrai, que « le principe de vie ne peut pas être conçu en dehors de l agrégat matériel auquel il préside ». A quoi je réponds encore par le distinguo , aussi simplement et aussi facilement que tout à l’heure : Le principe vital 11e
peut pas être conçu en dehors de l’agrégat maté riel auquel il préside : il ne peut pas être conçu comme exerçant en acte ses fonctions de principe vital en dehors de l’agrégat matériel auquel il préside : rien n’est plus vrai. Il ne peut pas être conçu comme exerçant en puissance , ou gardant le pouvoir d’exercer ses fonctions en dehors de l’agrégat matériel auquel il préside : c’est faux. Ainsi un président de chambre ne peut être conçu, comme président en acte , mais se conçoit très bien, comme gardant le pouvoir deprésider, quand la Chambre est en vacances. Par où l’on voit que cette troisième objection n’est pas plus embarrassante que les deux précédentes.
La quatrième et dernière nous embarrasserait un peu plus.
Par bonheur, les Vitalistes, qui nous l’opposent, ont à la résoudre tout comme nous :
« En outre, cette divisibilité de la vie, cette vie particulière des éléments de l'ensemble, dont nous avons parlé, sont bien difficilement conciliables avec la notion de lame. »
Je dis que les Vitalistes ont à résoudre cette difficulté tout comme nous ; car, avec autant de force que nous, ils proclament et soutiennent l’unité de la vie et du principe vital dans les vivants. Mais je m’empresse d’ajouter qu'ils se débarrassent fort bien de l’objection, et que l’éminent professeur qui tout à l’heure la formulait contre nous en a fourni lui-même une solution très satisfaisante :
AME PENSANTE ET VIE ORGANIQUE
« Chaque individu vivant est un; mais la vie peut se multiplier, et les êtres nouveaux auxquels elle donne naissance constituent toujours des individus. Dans un organisme vivant très compliqué, dans l’homme même, toutes ces parties sont vivantes; les granulations moléculaires sont vivantes, et peuvent vivre indépendamment. Mais la possibilité de l’existence indépendante de ces parties n empêche nullement V unité du tout.
« Dans l’être vivant, ces existences isolées ne sont plus indépendantes, elles sont absorbées dans la grande unité de l ensemble .
« Vous le voyez, la formule de' Wirchow : L’homme est une somme d’unités vitales, est fausse, si on la prend dans son sens absolu. La vie est une; dès quelle nestpfusune, ellen existe plus. Mais cela n’empêche pas qu’elle puisse se diviser. Seulement, dès qu’elle se divise, elle se multiplie par là même. Il y a toujours autant de mes qu’il y a d'unités .
Après la division du tout, ce sont les parties qui ont pris naissance qui vivent y puisqu’elles sont unes »
La vie, bien que multiple en puissance, est une en acte. Donc le principe vital, cause radicale et première de l’unité de la vie, doit être un et simple. Cette condition n’est-elle pas admirablement remplie par l’àme raisonnable ?
Les objections du vitalisme de Montpellier,