AFFECTION
Grandeur souverainement adorable ! voici la poussière et la cendre c(£i vient reconnoitre devant vous son néant, honorer vos grandeurs»
bénir vos ouvrages. Que tous les êtres vous louent , que toutes les nations vous bénissent » que le ciel et la terre célèbrent vos perfections inefiables.
Auteur de mon être, arbitre souverain de mon sort , recevez Thommage de tout ce que î'ai» de tout ce que je suis; à vous seul l'honneur et la gloire ; vous êtes dans tout , avant tout, par-dessus tout; que tout vous honore, vous glorifie , et mette sa gloire à vous adorer et à vous servir.
ou CONDUITE SPIBITVBLLB. 6l
Grandeur souyerainemeot aimable , que c'est bien tard que je tous ai connu I que c'est bien tard que je vous ai aimé I tous êtes digne de tout notre amour ; faites que tous tous aiment , que ceux-là seuls vous craignent qui refusent de tous aimer. Vous aTez créé le ciel et la terre , créez en moi un cœur nouTeau , et dans lui formez tous les sentimens que je tous dois » de foi, de reconnoissance » de conGance , mais surtout d'amour ; que je ne cherche que tous , que je ne respire que pour tous; que mon esprit, mon cœur , toutes les puissances de mon âme soient embrasées du feu céleste de Totre amour.
Grandeur souTerainement redoutable à quiconque ose TOUS outrager! Ah ! malheur à ceux qui allument le feu de TOtre colère » qui arment Tos mains des traits de Tolre Tengeance ; tous aTez été grand dans les effusions de Totre bonté, TOUS le serez dans Tolre justice; tous touliez être pour eux un sauTeur et un père , et ils TOUS forcent à n'être que juge et Tengeur. Vous les aviez formés pour tous^ et ils ne tous Terrent jamais; tous leur destiniez Totre propre bonheur , et une éternité de supplices leur est réserTée; l'amertume , le fiel , le désespoir , seront à jamais leur partage.
Mais , mon Dieu , si vous êtes si terrible aux pécheurs , bi tous leur pré|>arez des tourmens si affreux , quelle douceur ne ferez-Tous pas goûter à tos saints et à tos élus ! Auraijje le bonheur d'être gn jour de ce nombre ?
62 L*A1fE INTÉRIEURE»
Âli I grand Dieu , Dieu saiot » Dieu puissant, éternel , immense , source inépuisable de tout bien , quand est-ce que je vous verrai face à face» quand est-ce que je pourrai me désaltérer dans le torrent de vos célestes délices? Centre du doux repos de nos cœurs et de la paix inaltérable de nos âmes » quand est-ce que sur les ailes de la colombe , mon âme pourra sortir de ce lieu d*exil et s'envoler dans le sein du céleste époux ?
Je sais » oui je sais à quel point |e suis indigne de ce bonheur suprême, de cette béatitude parfaite , aussi est-ce de votre seule miséricorde que je Tespère; je sais que pour la posséder il faut tout quitter» tout sacrifier , tout souffrir; aidez-moi donc» vous qui connoissez ma foiblesse » aidez-moi à vous rendre les justes hommages que je vous dois » à respecter votre loi toute sainte; ^ me soumettre à vos ordres, à vous aimer enfin de toute l'étendue de mon cœur.
C'est là tout à la fois » et mon devoir » et mon bonheur , et ma gloire ; je n'en désire pas d'autre » nr pour la vie » ni pour la mort » ni pour le temps » ni pour l'éternité.
PRATIQUES
].* Produire souvent des actes d'adoration sur les grandeurs et les perfections de Dieu. S."* £lever souvent notre cœur vers cet Être
J , ou CONDUITB 8PIRITVELLE. 6S
suprême » pour lui en consacrer toutes les aflectioDS.
5.^ Détacher de plus en plus notre cœur de tontes les créatures , pour nous attacher plus intimement à celui qui nous a donné l'être et la vie. ^
4.* Nous unir aux hommages parfaits que les intelligences célestes rendent aux grandeurs souveraines de Dieu.
S."" Désirer sans cesse de Thonorer » de le glorifier en ce monde , pour être en état de Taimer, de le glorifier plus parfaitement dans l'autre.
Que toute fime intérieure fasse de ces sentimens son occupation ordinaire; ils font celle* des élus dans le ciel , elle doit espérer d'en être occupée l'éternité toute entière.
Le néant de ce monde et le détachement des
c/ioses de la terre.
C'est une occupation bien digne d'une âme intérieure , de considérer le néant et la vicissitude des choses de ce monde , pour s'élever par la vue de ce néant périssable à la contemplatfoQ de l'Etre immuable qui a formé tous les êtres.
Plaçons-nous donc en esprit comme sur une haute montagne , et de là jelant les yeux sur ce qui se passe dans cet univers , voyons les troubles , les agitations/ les changemens, les yicitH éitudes , les divers événemem , les révolutions
€4 L^AMB INTÊRIfitBR»
continuelles des choses de ce monde; considérons surtout les désirs ardens , les projets ambitieux , l'avidité insatiable » tous les mouvemens des passions dont les hommes sont poussés, agités, tourmentés durant le peu de jours qu'ils ont à passer sur la terre , eux qui ne sont formés que pour le ciel; dans la juste surprise où nous serons , disons-nous à nous-mêmes :
C'est quelque chose de bien étonnant , que la triste expérience que l'on a si souvent faite du néant de toutes les choses humaines , n'ait encore pu en détromper et en détacher* Mille fois on a éprouvé le vide des honneurs » le dégoût des plaisirs , la fragilité des richesses , l'indifférence des parens , l'inconstance des amis , la trahison , la perfidie des personnes à qui on a voit cru pouvoir se fier ; mille fois on a essuyé les plus tristes événemens au moment où l'on croyoit son bonheur assuré et sa fortune établie; malgré toutes les épreuves de l'insuffisance et de la caducité des choses humaines , le cœur humain est toujours prêt à s'en laisser séduire et à s'y livrer , au danger d'essuyer le triste sort que tant de sectateurs , ou plutôt de victimes dur monde ont malheureusement éprouvé. Faisons enfin de sages réflexions , et disons-nous encore è nous-mêmes ce que l'expérience nous dit tous les jours.
Tout passe , tout s^évanouit en ce monde , et rien^n'est permanent sur la terre ; les jours s'écoulent , les plaisirs se dissipent , la gloire s'ef-
OV COKDVITfi 8PIRITY3BLLS* 65
face en un moment, tout disparolt aux yeux comme un songe. Où sont ces vastes empires qui ont autrefois étonné Tuniirers? Que sont devenus ces rois , ces conquérans , ces dieux de la terre qui ont fait autrefois tant de bruit dans le monde ? Qu'est-ce que la gloire , que sont les honneurs » qu'une vaine fumée , un éclat d'un jour? Qu'est-ce que toute la prospérité , la iaveur mondaine, qu'une illusion, un prestige de quelques années?
Quelle folie de s'attacher à ce qu'il faudra quitter hientdt sans retour! Le temps s'approche « il vient , et tout va finir pour nous ; hâ* tons-nous de le prévenir ; méprisons ce monde malheureux qui tombe déjà en ruines de toutes parts ; ne voyons^nous pas depuis un nombre d'années., tapt de personnes qui brilloient dans le monde , surprises par la mort , et tombées dans la profondeur de l'abîme ? Ce monde auquel on est si attaché , on va bientôt en sortir^ et disparottre à ses yeux. Oh ira-t-on? Que de* viendra-t-on en finissant cette course mortelle? Que restera-t^il de tout ce qu'on aura été , de tout ce qu'on aura possédé , que le triste regret de s'y être malheureusement attaché , et la douleur de s'en voir séparé à jamais ?
Hommes insensés ! dit le Sage , pourquoi vous attacher à la vanité , et courir après le mensonge? Qu'est-ce en efifet que cet attachement ai| monde , aux illusions du monde , au néant de tout ce que le monde présente ?
66 L^AMB INTÉAISVBK»
Attachement aveugle; on ferme tes yeux»
pour ne pas voir l*ab!me où l'on ya se précipiter. Attachement criminel ; il est lui-même ua péché , et il occasione ane infinité d'autres pé^ chés par ses suites.
Attachement funeste ; après avoir été la source de tous nos maux durant cette vie , il nous conduira peut-être encore au comble de tous les malheurs dans l'autre.
Voici donc les vrais sentiment que nous de^ ▼ons prendre sur les faux biens de ce mtjnde.
1.* Connoissons leur néant: ils ont l'apparence des biens , et ils n'en ont pas la réalité.
s.* Evitons leur séduction; souvent ils nous flattent » mais plus souvent encore ib nous trompent.
3.* Craignons leurs dangers; ils sont grande pour tous » mais ils sont éminens pour certaines personnes ; leur caractère facile se laisse aisément entraîner , et elles auroient bien de la peine à résister au torrent , si elles venoient à s'y exposer.
Enfin , détachons-nous de tout* bien périssalile , et n'attendons pas que la deiiiière heure vienne nous séparer à jamais.
Les âmes ordinaires s'arrêtent là ; mais une Sme intérieure doit porter plus loin ses vues çt ses sentimens envers Dieu ; elle doit , par les choses visibles , s'élever à celui qui est invisible, et l'adorer en esprit de foi ; elle doit , par les choses qui passent , s'élever à celui qui. est éter*
OV CONOVITB SPIRITVELLB. 67
nel , et soupirer sans cesse après lui ; elle doit même regarder ce qui passe , comme étant déjà passé,, et se regarder elle-même comme n'étant plus de ce monde qui est pour elle une terre étrangère ; c'est ainsi que le néant et les agitations des choses humaines ser?iront à nous attacher plus constamment à Diea , et à nous unir plus intim^ement à lui.
PRlkRB. '
Ah ! Seigneur , c'est k vous seul que je veux m'attacher désormais ; tout le reste n'est que ^émit et que vanité. Je ne suis (bit que pour TOUS » j'espère de régner un jour avec tous ; la foi élève /nés sentiment au-dessus du monde a l'espérance porte mes désirs jusqu'au Ciel ; dans TOUS je trouverai tout; mon cœur se reposera en paix dans son centre. Là je verrai votre lu* mière sans voile , je posséderai votre bonheur sans partage ; sorti des ombres de la mort , je ne craindrai plus les maux de la vie ; je serai avec vous , vous serez à moi ; rien ne sera capà* ble de nous séparer. O jour ! 6 moment 1 ô éter> nité ! qu'est-ce que le monde , quand votre flam* beau vient briller à mes yeux ? Disparoissez donc , monde trompeur ; éloignez-vous , faux biens de la terre ; et vous , mon Dieu , faites dé^ sormais mon unique désir dans le temps , comme vous devez être moil unique partage dans l'éternité» Ainsi soit-iL
€8 l'aMB INTiRIEVBE»
La foi en Jésus-Christ ^ médiateur entre le
Ciel et la terre*
YoiGi pour toute âme chrétienne en général »
^t plus spécialement pour toute fime intérieure » le grand objet de nos réflexions » de nos adorations» de notre reconnoissance , et de tous les sentimens dont nos .cœurs peuvent être capables.
La foi en Jésus-Christ médiateur est aussi ancienne que le monde ; Tancienne et la nou* Telle alliance sont les mêmes pour l'essence et le fond : toute la différence est, que la loi anciénne attendoit un médiateur promi^ qui de- Toit venir, et la loi nouvelle adore un médiateur déjà arrivé. L'homme ayant p^hé » et par aon péché ayant encouru la haine de Dieu« étant devenu l'objet de sa colère , ne pouvoit s'attendre qu'à ses vengeances et aux peines d'une damnation éternelle ; incapable par lui* inéme de satisfaire à la justice divine , il avoit besoin d'un médiateur , pour le réconcih'er avec Dieu, et le remettre en grâce avec lui. Or, un "omme-Dieu pouvoit seul être médiateur entre BU et les hommes ; en cette qualité il étoil en it de supplier en notre faveur , et il méritoit Hre exaucé dans ses supplications.
Il est donc venu sur la terre , ce médiateur par excellence , il s'est revêtu de notre morta-
OV CONfiVITE 8VIEITUBLLB. 69
Hté ; à Texception du péché , il s'est rendu en tout semblable à nous ; il est né dans l'indigence et la pauvreté, il a vécu dans les souffrance* et les travaux > il nous a donné l'exemple de toutes les vertus dans sa conduite , il nous a ou* vert la source des grfices dans les sacremens : .eûûn, victime volontaire pour nos péchés , il a fini sa vie sur une croix ; à -présent , victorieux et triomphant dans le ciel , il nous 7 attend , et nous est allé préparer une place dans la gloiro et l'éternité de son règne.
Yoi^ la foi toute fondée sur cette médiation de Jésiis-Ghrist » du Messie promis dans un temps , et venu dans l'autre ; aussi le nom de testament convient également à l'àncinne et à la nouvelle Loi , puisque l'une et l'autre ne sont que les ordonnances d'un Dieu » et la manifes^ tation plus ou moins développée qu'il en a faite amL hommes. Si nous appelons la Loi nouvelle , ce n'est point parce qu'elle a commencé avec Jésus-Christ , mais parce que ce divin média-* teur promis de tout temps , lui a donné dans la plénitude des temps sa perfection par une nou« ▼elle alliance. Toutes les grâces qui ont été accordées dans tous les temps , ont été accordées en vue et en vertu de ses mérites : tous les hommes, dans tous les âges , n'ont pu être sauvés que par la médiation de ce Dieu Sauveur. Le premier Adam ne tient son salut que du second ; et quoique le sacriGce de Tàgneau qui efiâce les péchés du monde , n'ait été réellement offert
70 • l*AMB llfTiUTBimt ,
que bien avant dans les siècles , il a été de tout temps accepté de Dieu , et appliqué par un bienfait anticipé h tous les liommes qui sont venus au monde ; et il le sera sur tous ceux qui viendront jusqu'à la fin des temps et des siècles.
C'est un spectacle bien consolant pour un chrétien , de voir sa religfon descendre comme un fleuve majestueux, depuis Adam jusqu'à nous , passer à travers tous les siècles , sans être altérée dans sa pureté , sans rien perdre de son intégrité : ce qu'on croyoit dans^ les premiers siècle^ 9 nous le croyons à présent ; ce qu'on avoit annoncé , nous le trouvons accompli ; la religion de Jésus-Christ, ses prophéties, ses oracles , ses mystères , sa morale , ses grâces , ses sacremens , sont un ouvrage qui parle , qui s'annonce lui-même ; il existe , nous le voyons de nos yeux , il est notre partage , notre posses» sion , notre héritage ; et pouvons- nous le voirv» le posséder, sans être pénétrés des plus vifs sentimens d'admiration, de reconnoissance et d'amour ?
Mais prenons garde , pour être véritablement disciples de Jésus^Christ , et avoir part aux fruits de sa médiation , il ne suffit pas de croire aes mystères et de soumettre notre raison ; l'es» eentiel c'est de suivre sa morale , et de nous y conformer. Tous ceux qui portent le nom de chrétiens , ne comprennent pas toute l'exocl** lence et toute l'obligation du christianisme. Le royaume de Jésus -Christ est un mystère cacbi
09 CONDUITS 8?lEITVEttE. 7I
aux âmes superbes, et révélé aux petits el aux humbles* Oo trouve une infinité de per<^ sonnes éclairées dans les affaires du monde , el aveugles dans celles du salut.
Non 9 il ne suffit pa« pour être chrétien d'avoir une foi spéculative ei stérile; il faut, dit saint Paul , croire de cœur , et remplir toute justice : Corde oreditur adjuftUiam. ( Bom. 10. )
Youlons-nous donc marcher dans les voies véritablement intérieures ? Concevons bien une fois ce que c'est que d'être disciple de Jésus- Christ Non , sans doute , pour être à lui ce n'est point assez de croire en lui ; il faut en avoir l'esprit, en prendre les sentimens , en imiter les vertus , en suivre les exemples , former dans nous des images fidèles à la ressemblance de ce divin modèle ; et pour descendre dans le détail ^ il faut accomplir dans nous ces divins oracles » ces grandes maximes de détachement des cho* les créées , de.renoncement à nous-mêmes ; la mortification extérieure des sens , l'abnégatioa iotérieure du cœur , le combat des passions , la fuite des occasions , la victoire sur les tentations « k mépris du monde et de ses pompes , ramouç de Dieu et de ses perfections. Car voilà le^ grandes , les immuables leçons que Jésus-Christ aous a enseignées , qu'il a comooie tmcées à cha*que page de son évangile , et qu'il veut graver profondément dans no& cœurs.
Qui vtiU venivc postmCt abnegei semet" iptum et toliat crucem suam.:{ Matth. i6. )
J% t\UB IlITiBlEVEB»
Que celui qui veut me suivre » se renonce lui* même , et porte sa croix.
Qui non renuntiat omnibus» non potest esse meus discipulus. ( Luc. i4* ) Celui qui ne renonce pas à tout» ne peut être mon Disciple.
Qui voluerit animam suam salvam facere »
perdet eam. ( Matth» 16. ) Celui qui voudra sauver son âme » c'est-à-dire , sa vie , la perdra.
Nemo potest duobus dominis servire.
( Mattk. 6. ) Vous ne pouvez servir à la fois deux maîtres.
Ces grandes maximes » nous les lisons , les méditons-nous ? Nous les savons , les pratiquons-nous ? Si elles sont le sujet de nos ré* flexions » sont-elles la règle de notre vie ? Cbrétiens de créance et de nom » le sommes-nous de conduite et de mœurs ?
C'est cependant sur ces maximes que nous fierons jugés» et c'est Jésus-Christ même qui nous jugera ; car la même foi qui nous le donne pour médiateur entre Dieu et les hommes , nous l'annonce aussi comme juge souverain des vivans et des morts^ Oui , c'est lui-même qui nous jugera ; c'est à ces maximes qu'il nous confron* tera ; c'est à la vue et en présence de la croix qu'il prononcera ; et ce n'est que par la confor-» mité que nous aurons avec cet esprit de la croix , qu'il nous rcfeonnottra , qu'il nous sauvera. Sur ces grandes vérités » jugeons*nous nous«*mêmes i
voyons
ou CONDUITE S^mtTVELLE. 75
voyons ce que nous sommes à Jésus-Christ , el ce que Jésus-Christ est pour nous.
Quelle triste réflexion, ô mon Dieul quand fe pense au sort différent de tant de chrétiens si opposés dans leur conduite ! Durant leur vie, ils auront professé extérieurement la même foi p suivi la même religion , reçu le même baptême , participé aux mêmes sacremens : ils auront passé leurs jours ensemble , et à la mort , ils se sépareront pour ne se revoir jamais ; les uns reconnus de Jésus-Christ, les autres rejetés loin de lui ; les uns admis pour toujours dans sa gloire , les autres exclus à jamais de son règne ; les uns entendront ces consolantes paroles : Venez , ô les bien-aimés de mon Père ! venez posséder le royaume qui vous a été préparé. Les autres seront frappés de ce terrible analbème : retirez- Tous , maudits , allez dans le feu éternel.
O foi sainte , foi céleste et toute divine i jamais peut-être vous n'avez été plus cruellement attaquée que vous ne Têtes de nos jours malheureux ; jamais aussi vous n'avez été plus respectable à mes yeux , et plus chère à mon cœur. Régnez sur mes pensées , régnez sur mes affections » régnez sur mes actions , soyez la règle et l'âme de toute ma conduite.
74 L*AM£ niT&BIBUBB,
PRATIQUES
!•* Rendre grâces à Dieu , qui a daigné noa& appeler à la foi , préférablement è tant d*autres.
9.* Faire souvenl des actes d'une foi vive , et d'un inviolable attachement à la foL
S.*^ Plus cette foi est attaquée ou abandonnée dans le monde , plus nous devons lui marquer de respect et de soumission,
4** Surtout honorons notre foi , par la sainteté de nos œuvres , et l'intégrité de notre conduite,
5.* Enfin . conformons-nous en tout au grand modèle que Jésus- Christ, médiateur et sau* yeur , nous présente ; car voilà le grand point de vue que toute âme véritablement intérieure doit se proposer , et sur lequel elle doit se foriner , pour correspondre aux desseins de Dieu.
Adorable Sauveur, auteur et consommateur de la foi , divin médiateur entre le ciel et la terre ! je vous rends grâces de m'avoir éclairé de vos divines lumières , tandis que tant d'autres gémissent dans les ombres de la mort ; je vous demande pardon des infidélités et des outrages que j'ai faits h cette foi. Afiermissez-Ia , animez-la , conservez-la dans moi : donnez-moi |i^ç foî humble et soumise qui m'inspire la do-
OV COKDVITB SPIBITVBLLB. 7$
•Hité des enfans ; une foi unWerselle et entière » puisque manquer de soumission à un seul point , c'est n'en croire aucun ; une foi ferme et gêné* reuse , pour être prêt à répandre jusqu'à la der-nière goutte de mon sang pour la soutenir ; une foi constante et persé?érante » qui reçoive , qui consacre mes derniers soupirs , et introduise enfin mon âme dans le sein d'Abraham» ayec tous les £dèles et tous les élus« Ainsi soit4I.
7^ L*A1IB INTiniBURB,