‹ L'âme intérieure: ou, Conduite sprituelle dans les voies de Dieu, augmentée de L'âme seule avecChapitre 13 sur 42 · SUR LA GRACE · texte numérisé non relu

SUR LA GRACE

Gkttb matière est d'une si grande importance qu'on ne sauroit y revenir trop souvent , pour afiermir de plus en plus les âmes dans la résolution d'être inviolablement et constamment fidèles. II y a à Tégard de la grâce , des choses que nous devons savoir ; il y en a que nous devons ignorer; il y en a que nous devons désirer; il y en a que nous devons craindre ; toutes en général, nous devons les respecter, et nous y rendre soumis etfidèles. Tous ces différons points intéressent l'âme intérieure , et peuvent être d'une grande conséquence pour elle, surtout par les réflexions pratiques qui seront à la suite.

Ce qu'il faut savoir par rapport à la grâce^

1.^ Il est certain que toutes les grâces qui ont été accordées aux hommes , depuis )e com* mencement du monde, ont été accordées au nom et en vue des mérites de Jésus- Christ, Messie d'abord promis et annoncé , ensuite venu et donné au monde ; Gratta D^i pcr Jesun^ Christum» ( Bonté 7. )

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s.^ Il est certain que la grâce de Dieu est un âon purement gratuit; si elle étoit due, ce ne seroit plus grâce; Dieu ne nous doit rien^ et c'est de sa pure libéralité que nous recevons tout. Omne donum desursum est-, descendens à Faire luminum. ( Jac. i . 17.)

3." Il est certain que la grâce est accordée aux hommes , et à tous les hommes , selon leurs besoins ; ce n*est pas la grâce qui nous manque > c'est nous qui manquons à la grâce ; Dieu lait pleuYoir sur le juste , et sur celui qui ne Test pas ; la lumière du soleil de justice se répand sur tous , sans exclusion de personne. Dat om* nibùs affluenter. ( Jac. 1 . 5, )

4*^ Il est certain que sans la grâce nous ne pouvons rien dans Tordre du salut éternel , pas même produire une pensée méritoire ; mais aussi avec le secours de la grâce , nous pouvons tout. Omnia possum in eo qui me confortât»

( Phil. 4. )

5.^ Il est sûr encore que la grâce ne nuit en rien à la liberté de l'homme ; elle le prévient , elle l'aide, elle le soutient, mais elle ne le nécessite jamais. Dieu conduit tout à sa fin avec l^orce , mais avec douceur ; excitant la volonté de l'homme , mais laissant l'homme à sa liberté et dans la main de son conseil, pour donner lieu au mérite et à la récompense : In manu canslUi sui, [E ce les, i5. )

6," II est sûr enfin que la grâce est absolument nécessaire pour le salut, La grâce de Dieu

7* L*A1IB H^TÉBIEUBJ! ,

qui prévient la volonté de Thomme qui Coopère à la grâce de Dieu , voilà le concert et l'accord des deux principes , sans lesquels il n'y aura jamais de salut ; mais avec lesquels le salut et la récompense sont assurés î Gratta Deimecum.

C'est là tout ce que nous devons savoir par , rapport à la grâce ; avec cela , nous avons la Téritable science des saints. Voici ce que nous devons ignorer. *

1.® Gomment Dieu distribue la grâce aux hommes; comment Dieu donne telle grâce à l'un , telle grâce à Tautre ; pourquoi à l'un plus qu'à l'autre ; d'où vient cette espèce de préfétence jet de choix.

s.* Gomment la grâce opère dans nous ; la manière dont elle agit sur nous ; comment elle nous invite , nous sollicite et nous presse ; pour* quoi nous sommes plus touchés de la grâce dans un temps que dans un autre ; en un mot, comment elle nous sanctifie et nous sauve.

3.* Quel est le nombre et la mesure des grâces , soit sur les nations en général , soit sur les personnes en particulier. Tout cela est autant de mystères qu'il faut adorer , sans prétendre les sonder, les approfondir, de peur d'entendre prononcer sur nous ce terrible oracle :

Scrutator majestatis opprimetur à gloriâ.

{ Prov. 25. )

Ce que nous devons désirer en ce point , et ce qui nous suffit devant Dieu ;

C'est de reconnoitre l'excellence et le pWx

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de la grâce , et d'en concevoir une grande estime.

C'est de recevoir de la bonté de Dieu de non* Telles grâces , selon la mesure de nos besoins , et plus encore selon l'étendue de ses miséricor* des.

C'est d'être inviolableroent et constamment fidèles à la grâce , et de lui donner à l'avenir une sainte correspondance.

C'est de nous mettre dans la disposition sainte pour la recevoir et en profiter ; faisons que noire cœur soit une terre bien préparée à recevoir la céleste rosée.

Et dès lors voici ce que nous devons craindre et souverainement redouter.

1.* L'infidélité à la grâce , la résistance à la grâce , l'abus de la grâce.

s.^ En conséquence, la privation , la sous« traction des grâces, du moins des grâces spé^ ciales et de choix.

S,** Enfin , le compte terrible qucnous aurons îin jour à rendre à Dieu , de toutes ses grâces. Vérités salutaires 1 donnons- leur tous nos sentimens , et laissons les contestations , les disputes a'ix esprits vains et indociles .qui s'évanouissent Jans leurs pensées , en voulant criminellement sonder et pénétrer les desseins de Dieu , au lieu de les respecter et de les adorer.

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