RÉFLEXIONS
1. ^ Que de grâces j'ai reçues durant le cours de ma vie ! depuis mon enfance , Dieu n'a cessé de m'en combler , malgré mes infidélités et mes résistances.
2.^ Quel usage ai-je fait des grâces de Dien? Si j'en avois profité, je serois un grand saint, et que suis-je à ses yeux , après tant de grâces ?
5.^ Quel compte aurai-je à rendre à Dieu, quand d'une part il me montrera tout ce qu'il a fait pour moi et pour mon salut , et de l'autre , tout ce que j'ai commis contre lui au mépris de sa grâce ? qu'aurai-je à répondre ?
4'^ Quest'Ce que la grâce demande à présent de moi ? Que dois- je faire pour apaiser Dieu , et réparer tous les outrages que je lui ai faits» en abusant de ses dons !
Il faut nous examiner sur tous ces points »
faire sur chacun les réflexions les plus sérieuses, denfander à Dieu les lumières pour les approfondir ; ensuite former les sentimens et les réso* lutions que la grâce inspire.
O mon Dieu I que de reproches nous avons à nous faire , que de sujets nous avons de gémir envers votre grâce I Nous rejetons la grâce , quand elle se présente ; nous étouffons ses lumières contre le témoignage de notre conscience.
Si nous la recevons , nous ne la recevons qu'à demi j en nous y refusant , en opposant
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toujours des obstacles , et n'exécutant point ce qu'elle présente.
Si nous exécutons , ce n'est qu'après mille retardemens et mille délais ; nous éloignons » nous différons toujours, et en perdant le temps , nous nous exposons à perdre la grâce elle-même*
Nous en venons jusqu'à craindre la grâce ; nous redoutons de voir ses lumières , d'écouter sa voix , de peur qu'elle ne vienne exciter no& remords et troubler notre fausse paix.
Tout cela signifie que nous négligeons la grâce ; nous la contristons, nous la combattons , nous en abusons; par-là nous la tournons contre Dieu et contre nous-mêmes ; ce qui devroit être un moyen de salut pour nous , devient un titre de condamnation contre nous ; et ce qui , dans les vues de Dieu , devoit nous rendre saints et heureux, par nos infidélités ne servira qu'à nous rendre plus coupables et plus malheureux.
Après tant d'infidélités et de résistances à la grâce, il seroit bien temps de lui ouvrir nos cœurs , et de lui donner une libre entrée dans nos âmes, pour y opérer ses prodiges de salut et de vie. O mon Dieu ! j'ai déjà tant à me reprocher sur le peu d'usage que j'ai fait de vo» grâces , voudrois-je encore aggraver sur moi le poids de mes résistances et de votre colère? Ne le permettez pas , Dieu de bonté , accordez-moi non-seulement vos grâces , mais encore la fidèle correspondance que je leur dois.
Saint Augustin étoit depuis long-temps pressé
8s l'ahe intébieube ,
de la grâce , son esprit étoit troublé , agité ; son cœur combattu , déchiré , résistoit toujours ; enfin le moment salutaire est venu , Augustin sous le figuier , entend la voix du ciel dans celle de la grâce. Toile, lege : prenez et lisez. La grâce parle , Augustin se rend. Elle nous parle en ce moment, nous refuserons- nous à sa voix et à notre bonheur ?