LA CONFESSION
JLa Confession étant utie action si sainte et d'un usage si ordinaire , surtout pour les âmes intérieures » il est de la dernière importance de faire toutes les réflexions , et de prendre tous les moyens pour s*en acquitter dignement.
Examen de Conscience.
PoDR faire connoltre ses péchés » il faut le» connoltre soi-même; et on ne se connoit qmo par un examen sérieux et réfléchi de sa conscience et de ses actions.
Il y a divers méthodes d'examiner sa conscience ; Tune générale., Tautre particulière , se? Ion la qualité de la confession » ou c'est comme une confession générale et de plusieurs années ou c'est comme une confession ordinaire et tf peu de temps.
Méthode générale. Ce setoit de suivre ccj' me Thistoire et le cours de sa vie » selon les*' ferons figes et les différens: temps. Par joxemf
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depuis Tenfance jusqu'à la première commu-' aion ; depuis la première communion jusqu'à un établissement , ou quelque autre époque marquée ; ensuite dans un âge plus avancé , paiv comrant ainsi les différons temps de la vie , les endroits où l'on s'est trouvé , les personnes qu'on a fréquentées , les affaires qu'on a traitées , les divers événemens qui sont arrivés , les habitu* des où l'on a vécu ; de celte manière on pourra se rappeler devant Dieu les péchés qu'on a eu le malheur de commettre.
D'ailleurs^ un confesseur charitable et zélé aidera dans tout , et quoiqu'il ne faille pas s'en reposer entièrement sur lui » ses lumières , son secours et son zèle pourront servir à perfectionfier l'ouvrage de la grâce et à le conduire à sa perfection.
S'il s'agit d'une confession ordinaire et de
peu de temps , l'examen sera plus aisé ; on
pourra se servir de la méthode particulière «
c'est-à-dire , suivre le détail des actions ordi-^
naires de la journée » depuis le matin jusqu'au
soir ; par exemple , en me levant ai-je donné
mon cœur /à. Dieu ? ai-je bien fait ma prière du
loatin? ai-jeéfcé attentif au sacrifice de la sainte
messe ? ai-je excédé en quelque chose dans mesi
repas ? Dans les conversations , ai-je blessé la
charité? Me suis>je inquiété , impatienté , dans
telle occasion , etc. Suivre de cette manière le
détail de la journée et des actions où il est plus
ordinaire de commettre des fautes.
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Il y en a qui s'examinent en parcourani les Commandemens de Dieu > les sept péchés capitaux , les devoirs de l'état; d'autres s'examinent sur les péchés commis envers Dieu , envers le prochain , à l'égard d'èux-mémés ; sur tout cela on considère les pensées , les paroles , les ao^ lions et les omissions.
Toutes ces méthodes sont utiles et salutaires ; chacun peut suivre celle qui lui convient; l'es* sentiel c'est de les employer saintement.
Il y a deux excès à éviter dans l'examen ; lo trop , et le trop peu. Le trop , dans les personnes pernées » qui vont trop loin et se jettent dans un labyrinthe de recherches excessives ; le trop peu , dans celles qui ne font qu'un examen superficiel et comme en courant, avec danger d'oublier bien des péchés par leur fauta et par leur négligence.
Un moyen comme assuré de bien (aire l'eUamen pour la confession , c'est d'être exact à faire son examen chaque jour , par là les choses seront déjà disposées et bien avancées quand on se préparera à approcher du sacré Tribunal.
Pour en venir donc à Ia[pratique ^tivoulez-voui iaire saintement votre examen déèon^cience?
1.® Commencez à vous mettre en la présence de Dieu , au pied de votre crucifix ou au pied des autels.
s.^" Demandez humblement Us lumières du Saint-Esprit.
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§.• Examinez-vous selon les méthodes cîdessus prescrites.
l\.'* Après un examen suffisant, excitez-vou» h la douleur , et demandez pardon à Dreu des péchés que vous connoissez , de ceux que vous ne cotinoisséz pas , dé ceux que vous avez commis aveé plus de réflexion , de ceux que vous ave2 occasionés à l'égard des autres ; entrez ainsi dans les sentimens du Prophète pénitent » et dites sincèrement avec lui : Ab occuUis meU munda me , et ab alienis parce servo tuo.
{Psal. 18.)
De cette manière » si on vient à oublier quelque péché , Toubli ne sera pas coupable , et on n*aura pas à se reprocher sa négligence en ce point si essentiel. En entrant dans votre examen » jmaginez-vous que vous allez paroltre au jugement de Dieu , et qu'il va vous demander compte de toutes vos actions. Votre examen doit être une préparation à ce jugement.
La Contrition^
Il y a deux sortes de conirition ; l'une parikite» où l'on déleste le péché en vue de Dieu seul et uniquement parce qu'il lui déplaît; l'autre moins parfaite ,. ou Ton se repent du péché à cause des malheurs q^u'ii attire , ou des biens dont il prive.
Tout le monde sait les qualités essentielles que;
]o6 l'ame intériedre»
la confession doit avoir , il faut qu'elle soit intë* rieure et de cœur ; c'est surtout le cœur qui a péché , c'est le cœur qui doit être brisé : surnaturelle» ayant Dieu pour fin , et pour principe la grâce : universelle , tout péché offense Dieu » tout péché doit être délesté : souveraine , et audessus de toute douleur» en sorte qu'on soit plus affligé du malheur d'avoir perdu la grâce , que de toutes les autres pertes et de tous les autres malheurs.
II n'est pas nécessaire de sentir cette dpuleur: la contrition sensible ne dépend pas de nous; il ne faut pas s'alarmer et croire qu'on n'en a point, quand on ne la ressent pas. Le point essentiel et l'unique solide auquel on puisse et oa doive s'en tenir , c'est de pouvoir se dire à soimême, qu'avec le secours de la grâce on aime* roit mieux en ce moment mille fois mourir que d'offenser le Seigneur, avec cette disposition on ne sauroit jamais faire une confession mau* Taise.
Manière de $* exciter à la Contrition.
Le premier moyen , c'est de la demander humblement , sincèrement , ardemment à Dieu.
Le second , c'est de bien considérer la grandeur de Dieu, sa bonté, sa sainteté , ses per-« feciions adorables. Quel malheur d'avoir offensé un Dieu si bon , un si tendre Père , un Juge si redoutable.
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Le troisième , c'est de bien méditer la grièveté et Ténormité du péché , la grandeur des peines qu'il nous attire » la grandeur des .récompenses dont il nous prive. II faut que le péché soit quelque chose de bien détestable , puisqu'il a causé la mort d'un Dieu , versé tout le sang d'un Dieu. Il faut que le péché soit bien énorme, pour mériter d'être puni d'une éternité de supplices » pour nous fermer à jamais la porte du Ciel , et ne nous ouvrir que les abimes affreux de Fenfer.
La quatrième manière et la plus salutaire peut-être , ce seroit de se prosterner au pied de son crucifix en esprit de foi» et là considérant un Dieu souffrant et mourant , sa tête couron^ née d'épines» ses yeux noyés dans ses larmes, sa bouche abreuvée de fiel , son cœur navré et percé ^ d'une lance , tout son corps adorable meurtri, déchiré et ensanglanté, se dire à soimême : voilà les funestes effet» de mon péché t c'est moi , ce sont mes péchés qui ont attaché mon Sauveur sur la Croix , qui ont versé sott sang , qui on^ causé mes mauvaises pensées ^ mes désirs coupables , mes^ actions criminelles ,. en un mot, les péchés que j'ai eu le malheui^ de commettre ; quel cœur si dur , m insensible ne seroit touché; pénétré , abîmé de douleur eo considérant un spectacle qui a jeté dans la conéiernation le Ciel et la terre?
loA l'ami INTilIEVlV*
«-/(.'/r de Contrition et de bon prop&B.
Dmu îlot miiéricordei , j« viens me li vuim lout couvert de plaies, chargé, accaUi (lu |ioi(U de wei crime»; j'ai péché contre b (Util et contre vous » A Dieu saint I j'ai ^oofi les lumi^ii»» de^ma conscience; j'ai abusé de vos |[rAoes i i*Ai violé votre sainte loi; j'ai foulé AUX plt^ds vo(i*o sang adorable; j'ai mérité l'eafer : i|uand je passerois toute ma vie à gémir, à pleui^er auièiH)iueul sur mes offenses; quand je Voi'seroU autant de larmes qu'il y a de gouttes d eau daiM le seiu des mers ; quand je souffrirois tous les tounnens qu'ont jamais souffert les tuartyrs i quand je livrerois taon . corps au fer et MK feu . je ne vous offrirois point encore la ]uste salisllictioa et la douleur proportionnée à la grandeur et à Ténormité de mes péchés. Bien saint. Dieu juste et vengeur! je ne puis que m» jeter i\ vos pieds et entre les bras de votre mi« sériccprde , implorer votre infinie bonté , vou» conjurer d'avoir pitié de mon âme qui vous »
coûté si cher s vous offrir les mérkes et les souf^ frances de votre divin fils : écoutez la voix de- •on sang qui s'élève vers vous pour toucher vo^ tce cœur et satisfaire à votre justice. Je déteste tous mes péchés unlq^iement pour Famour de vous» el parce qu'ils vous déplaisent. Que ne iMii«-îe les laver dans mes larmes et dans mon
ou CONDTJITB SPiRXTrEllB. tOJ
sang! Dieu tout- puissant , vous pouvez me damner , je le sais , je l'ai mérité si vous n'écoutez que votre justice; mais faîtes encore éclater votre miséricorde , en sauvant un pécheur qui revient à vous , qui n'espère qu'en tons , et qui veut enfin être à vous des ce moment et jusqu'au dernier soupir de sa vte. Je le promet» de tout mon cœur , ô mon Dieu , et je l'espère de la bonté infinie du vôtre. Ainsi soit-il..
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La déclaration et raccasatian de ses péchés^
La déclaration doit avofr ces cîiiq qualités. Elle doit être humble ^ sincère, entière» claire et nette • décente et modeste.
1 .* Humble : se souvenir que l'on est pécheur et qu'on doit être pénitent , touché , pénétré ^ humiKé de ses fautes. Raconter ses péchés comme on raConteroit une histoire ou une chose ordinaire , avec un air de dissipation et d'indifférence, ce n'est pas sentir son état, ce n'est pas se confesser , c'est raconter.
a.**" Sincère : dire ses fautes comme la conscience l'es voit , comme elfe les présente , sans détour , sans déguisement , sans excuse. Si jamais la sincérité ^ h bonne foi , la droiture sont nécessaires , c'est surtout dans une action si sainte , et où L'on est soi-même son accusateur et son témoin*.