‹ L'âme intérieure: ou, Conduite sprituelle dans les voies de Dieu, augmentée de L'âme seule avecChapitre 20 sur 42 · LES PROGRÈS · texte numérisé non relu

LES PROGRÈS

DANS LA VIE INTÉRIEURE

A MB8UftB qu'une âme avance dans la vie inté* rieure , elle acquiert toujours et plus de lumières pour se bien connoltre, «t plus de force pour se surmonter et se vaincre généreusement elle-même ; par là elle fait chaque jour de nouveaux progrès dans les voies de Dieu ; ces pro* grès s'annoncent surtout par les exercices suivans , qui élèvent insensiblement cette âme à la perfection oii Dieu Tappelle et oli sa grâce la conduit, si elle est fidèle.

La Conversion entière du cœur^

Svpposoivs d'abord comme une vérité con9»

tante» que tous tant que nous sommes nous avons besoin de conversion , et qu'il j a encore dans nous bien des points où nous ne secondons pas la grâce dans toute son étendue » souvent même nous lui opposons encore bien des résis* tances. 8i nous voulons donc enfin nous donner à Dieu , et nous unir à lui d^me manière plu» intime par une conversion véritable , il faut que notre conversion soit marquée à ces sacrés ca-*

' OV COffTOITB S?IBITVBLLB. iSy

ractères : conversion prompte , conversion sincère , conversion entière , conversion édifiante>» conversion constante et persévérante. Donnezmoi , ô mon Dieu 1 la lumière pour bien connoltre ces caractères sacrés . et la fidélité pour le# retracer dans mon cœur et dans toute ma conduite.

1.® Conversion prompte. Il est temps en effet d'entrer dans cette vie nouvelle que Dieu nous présente; nous n'avons déjà que trop différé de nous rendre sans réserve aux attraits de sâ grfice. Depuis long-temps il nous presse » il nous poursuit , et nous différons toujours : de sa part ce n'est qu'invitations , que sollicitations ; ce n*est de la nôtre qu'infidélités , que retardemens , que dirais. Ne devons-nous pas craindre que sa grâce rejetée / méprisée , ne se retire et ne s'éloigne de nous? Si nous devons un jour être tout à Dieu , pourquoi ne pas commencer à présent ? pourquoi différer jusqu'au lendemain ? Ce lendemain nous est-il promis , nous est-il assuré? Qui nous a dit que ce lendemain ne sera pas pour nous l'éternité ?

Hélas I mon Dieu ! crains- je d'être trop tôt à vous? n'ai-je pas déjà assez perdu de temps dans ma vie ; veux- je donc m'exposer à être surpris par la mort, et aller paroltre devant vous n'ayant à vous présenter que des désirs inu* tiles , des résolutions stériles , des projets sans effet , qui ne serviront qu'à me condamner , et à me rendre plus coupable à vos yeux , en mon*

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trant que j'ai eu les grâces , et que j'en ai abusé? Combien qui , comme moi , ont criminellement différé» et ont été subitement enlevés de ce inonde ! C en est fait , ô mon Dieu ; dès aujourd'hui , dès ce moment , je commence , je yeux être à vous: Dixi, nune cœpL {PsaL 76.) C'est la voix de votre grâce qui m'appelle » c'est la tendresse de votre cœur qui me recevra.

s.* Conversion sincère qui vient du cœur.

Ah I loin de nous ces dissimulations » ces détours , ces déguisemens indignes de Dieu » ces conversions simt.Iées , ces conversions hypocri* tes , ces changemens apparens ; ombres , illusions y fantômes de conversion » qui n'ont pour principe que des motifs tout humains , de craiote» de vanité , de respect humain , d'amour propre: de telles conversions , fussent-elles encore plus éclatantes aux yeux des hommes » que peuventelles être aux yeux du Seigneur , et quel mérite peuvent-elles avoir pour le ciel ?

Je le sais » ô mon Dieu ! vous détestez , vous avez en horreur les cœurs simulés , les cœurs doubles , ils sont abominables à vos yeux , et insupportables à votre cœur : les hommes voient les apparences , et ils peuvent s'en contenter ; vous sondez le fond des cœurs , vous dévoOei les replis de nos âmes : malheur à qui trompe les hommes I il se trompe lui-même , mais il ne eauroit vous tromper. Etre à vous , ô mon Dieu! mais y être véritablement » mais y être sincère^ ment. Siqueeritis ,qtuerite. {Isaû di.) Omoa

ou CONDUITE SPIRirVBLLB. iSq

lime ! si vous cherchez le Seigneur , cherchezle dans l'humilité , dans la simplicité du cœur ; . une pénitence fausse est presqu'aussi abomina* ble devant Dieu qu'une impénitence réelle.

3.* Conversion entière qui réforme tout , qui s'étende à tout. Conversion d'esprit qui en rec* tifie les idées , qui en bannisse les illusions , qui en rabaisse les hauteurs , qui en domine l'en* flure, qui en réprime la vanité , la curiosité, l'opiniâtreté » l'indocilité , qui ne suive pour guide que l'esprit de Dieu et ses divines lumières.

Conversion de cœur , qui en règle les inclina* tions , qui en purifie les affections , qui en sanctifie tous les sentimens ; qui le détache du mon* de , des créatures , de tous 4es objets vains ek périssables delà terre ; qui l'attache à Dieu seul, pour qui il a été créé , dan» qui seul il doit chercher son repos et sa paix , hors de qui il ne peul trouver qu'amertume et que fiel.

Conversion qui s'étende jusqu'au corps et aux sens, pour en faire autant de victimes consacrées à la pénitence , aux mortifications , aux rigueurs, en punition de tant de satisfactions criminelles que je leur ai accordées. Conversion enfin de tout moi-même : tout a été infecté du péché dans moi , tout doit être purifié , consacré et renouvelé par une résurrection générale. Et que pouvez- vous penser, ô mon Dieul do quel œil pouvez-vous regarder ces lâches mé- Dagemens, ces injustes réserves, ces indignes

l4o h\HB IKTiBIBVRS^

partages du cœur? Hélas I j'ai si peu à tous of* frir, si j'en retranche encore, que vous ofiTrîrai-je ? £t d'ailleurs , ce que je vous refuserois « à qui le donnerois-je ? Que dois- je au monde et aux créatures ? Vous m'avez tout donné , et j'attends tout de vous; d'autant plus que je sais » 6 m()n Dieu » qu'il y a des âmes à qui vous dites intérieurement : Ou tout, ou rien; c'est-èe dire , à qui vous demandez tout » sans quoi vous n'acceptez rien. Tant de grâces dont voiis m'avez comblé f ne m'ont-elles pas mis de ce nom» bre ? Oui , mon Dieu , tout à vous sans réseirve et sans pat*tage ; je n'en veux connoltre aucun » parce que vous les avez tous en horreur; c'est la rapine dans l'holocauste.

4** Conversion édifiante et exemplaire. Nous la devons à tous et à toutes sortes de titres. Nous la devons à Dieu pour tous les outrages que pous avons faits à sa gloire , dont nous avons si souvent trahi les intérêts devant le monde par un indigne respect humain ; nous la devons au prochain que nous avons si souvent mal édifié par nos paroles , nos sentimens et toute notre conduite. Hélas ! combien d'âmes peutêtre à qui nous avons été un sujet de mauvaise édification, peut-être même un sujet de scandale 1 A combien de personnes n'avons-nous pal été une occasion de chute et de péché I La loi de Dieu , la grâce de Dieu ne nous impose-t-elie pas une obligation rigoureuse de réparer le mal c[ue nous avons fait ^ ta mauvaise édification qud

ou CONDVITB SPIRITUBLLB* 1^1

aous arons donnée? Et si-nous voulons être sincèrement à Dieu , n'est-ce pas une nécessité indispensable pour nous de fermer les plaies que nous avonsr faites ? £n un mot , par une vie nouvelle» une conduite exemplaire , ne devons-nous pas effacer , autant qu'il sera en nous , les impressions funestes que notre vie peu régulière peut avoir faites par le passé « et dont le triste souvenir doit être pour nous un sujet de larmes et de repentir ? Je me dois encore cette conversion publique et édifiante à moi-même» pour me servir de soutien et de frein, en me décla-^ rant ouvertement pour le bien; cette déclaration ouverte » cette profession publique sera pour moi un engagement aux yeux même des hommes , pour me soutenir dans la pratique du bien.

5.* Enfin , conversion constante et persévé* rante : c'est le dernier sceau que nous devons mettre à notre conversion ; car enfin , une fois que nous serons à Dieu , pourquoi l'abandonnerions-nous , pourquoi nous éloignerions-nous de lui? N'est-ce pas notre unique bonheur de lui être attachés pour toujours ? Que trouverionsnous hors de lui qui pût nous dédommager de la perte de sa grâce et de son amitié? Qu'avonsnous trouvé par le passé , que des sujets d'amertumes ? Pouvons-nous jamais nous repentir d'avoir aimé Dieu , et de nous être consacrés à son aimable service?

Ah ! Dieu de bonté » ne permettez plus dans

l4ft t*AVB INTÉRIEVBK^

nous ces variations , ces chaDgemens , ces vicissitudes continuelles qui déshonorent votre service , qui vous mettent comme en parallèle avec le monde , et semblent même donner au mondes une indigne préférence sur vous. Fidélité constante » persévérance dans votre service , ô mon Dieu ! c'est la grande grâce que nous vous demandons, et que nous ne pouvons attendre que de vous. Hélas I nous connoissons notre misère et toute notre foiblesse ; une triste expérience ne nous Ta que trop fait éprouver par le passé. Combien de ibis ne vous avons-nous pas promis cette sainte persévérance ! Combien de fois , après une communion fervente » après une sainte retraite , dans certains momens d'ardeur et de zèle , ne vous avons-nous pas fait les prO' messes les plus 'solennelles; n'avons- nous pas formé les résolutions , en apparence « les plus fermes et les plus solides I et cependant , hélas! inutiles promesses , stériles résolutions I notre lâcheté , notre négligence reprenant le dessus, nous a bientôt replongés dans le triste tombeau de la tiédeur , et réduits dans notre premier état de langueur.

VRiiRB.

Aidez-moi donc , 6 mon Dieu ! fortifiez moi cœur foible , animez mon cœur languissant , soti' tenez mon cœur chancelant, fixez mon coeur inconstant : de mon côté , je ferai , avec le se-

OV CONDUITB BPiaiTUBtLE. tt^'i

eout^ de voire grâce, tout ce qui dépendra de moi pour me souteair dans les voies de la saintelé; j'éviterai tous les obstacles , la dissipation, ^les liaisons, les attaches, les occasions dangereuses , les infidélités volontaires ; je prendrai tous les moyens , la retraite , le recueillement , le silence , la prière , l'exactitude à mes exercices de piété , la fidélité aux mouvemens de la grâce, la fréquentation des sacremens, précédés de la sainte préparation qu'ils exigent; mais surtout une grande défiance de moi-même , et une entière confiance en vous , ô mon Dieu I qui êtes ma force , mon soutien , toute mon espérance en ce monde » comme vous devez être dans l'autre l'objet de tous mes vœux et le terme de tous i^es désirs.

Le renoncement à nous-mêmes.

Voici les paroles de Jésus-Christ: Que celui qui veut venir après moi, se renonce lui-même t quU porte sa croix « et quil marche à ma suite.

Cet oracle renferme trois parties et trois obligations que ce Dieu Sauveur impose à ceux qui veulent sipcèrement être à lui. La première , de se renoncer soi-même : Abneget semetipsum ; {Matth. 16.) la seconde « de porter sa croix : Tollat crucem suam; la troisième de marcher i sa suite : etsequatur me. Chacune de ces trois

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obligations demande une explication particulière ; suivons-les dans le détail , et entrons dans les vues qu elles nous présentent.

1.* Celui qui veut être au nombre des disciples de Jésus- Christ, doit se renoncer soi-même : Abneget semetlpsutn. Se quitter, se renoncer soi-même , c'est dominer ses passions » c'est réprimer ses penchans ; c'est ne suivijs en rien ses inclinations trop naturelles, poursûi* ¥re en tout la volonté et le bon plaisir de Dieu; c'est prendre en main le glaive de la pénitence, et combattre sans cesse contre soi-même ; c'est ne laisser rien prendre à la nature pour ellemême, aGn d'accorder tout à la grâce ; et pour dire quelque chose de plus particulier , se quitter , se renoncer soi-même , c'est se dépouiller du vieil homme , pour se revêtir du nouveau ; c'est quitter ce que nous sommes par le péché et par les inclinations perverses du monde, pour prévenir ce que nous devons être par l'esprit de Jésus-Christ ; en sorte qu'avec la grâce de Dieu, on puisse dire : non , je ne suis plus , ou je ne veux plus être un homme lâche, tiède , négli* gent; un homme vain et rempli de lui-même, un homme opiniâtre et attaché à son sens, ua homme vif, emporté et colère, un homme sensuel , esclave de son corps , adonné à ses ai^ et aux commodités de la vie; à tout cela j'ai entièrement renoncé pour vivre de l'esprit do Jésus-Christ , pour être désormais un homme mortifié, humble , doux, patient et résigné,

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OV CONlKriTB SFIRITTrlBLLE. l45

sotmrïs et obéissant , édiftant et réglé dans toute ma conduite ; en un moi » un homme yéri|ablement chrétien » un fidèle disciple de mon divin Maître « prêt à tout entreprendre , à tout sacrifier , à tout souffrir pour la gloire de Dieu et le fialut de mon âme.

â.® Jésus-Christ continue : (fue celui qui veut Tenir^après moi, prenne sa croix, qu'il l'embrasse et qu'il la porte après moi : ToUat erucem suam.

Pour, porter Sia croix en chrétien et m vrai disciple de Jésus- Christ, il faut pourl'amour de lui, et en vue de lui plaire « non-seulement se priver des douceurs et des plaisirs de la vie » mais encore, à son exempl&jet dans son esprit, em}>rasser généreusement la mortificaUon , cru- /cîfier notre chair , notre cœur , notre esprit p loujt nous-mêmes: notre corps avec tous ses sens , notre coeur avec toutes ses ailections , po* Ire esprit avec toutes ses pensées , notre âme avec toutes ses puissances; que tout enfin dans nous soit marqué au sceau de la croix.

Gelui-là porte sa croix , dit saint Augustin , qui crucifie sa chair par des.austérités volontaires » son cœur par le détachement et les privations , son esprit par la soumission à la dépen* dance. Celui-là porte sa crcNX , dit saint Jean Chrysostôrae , qui s'abandonne à la justice .divine comme un criminel qu'on conduit au sup« plice , et qui a toujours la mort devant les yeux. Celui-là po^le sa croix , dit saint Jérôme , qui

il^6 t*AVB nfTiMBvrnB,^

fioaffre toutes les contradictions , toutes les in-^ justices , tous les mauvais traitemens avec une constante égalité d'esprit , sans murmure , sans inquiétudes , sans trouble. Enfin » celui-là porte véritablement sa croix avec Jésus-Christ , qui n*est pas seulement indifférent à tous les bons ou tristes événemens de la vie , mais qui en vue de Dieu se porte plutôt au mépris et à FoubK , qu'à rhonneur et à la gloire ; aux souffrances » aux douleurs , plutôt qu'aux douceurs et aux fausses délices ; à l'indigence et au manque de tout , plut&t qu'à l'abondance et à la possession des biens du monde : et toutibela sans autre motif que de seren^Ire semblable à Jésus* Cbrist, et conforme en tout à ce divin modèle.

3.* Enfin» que celui qui veut éti^ à moi , ajoute Jésus-Christ, prenne sa croix et qu'il me suive 4 et sequatur me. Pour suivre Jésus- Christ et devenir un disciple fidèle , dévoué à là troix , il faut non-seulement recevoir la croix de sa main , ne la refuser jamais , de quelque part qu'elle vienne , mais encore l'embrasser volontiers , la porter de bonne grfice et de grand cœur , jamais ne se plaindre de sa pesanteur» ne pas désirer d'en être délivré contre ses inten* tions , ne pas chercher des soulagemens trop naturels et des adoucissemens trop humaiiiis» porter même avec une sainte résignation la privation des consolations divines , quand le Sei' gneur le permet, nous contentant de lui deoMO* 4er , avec une humble confiance » la grfiee àé

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porter sa croix avec une fîdélilé qui soit égaleiQeDt prompte, géDéreuse et constante; nous tenant ainsi dans cet état de parfait dévouement à la volonté de Dieu, d'abandon absolu à sâ providence « de conformité entière à ses desseins adorables .* surtout , être prêts à tous les instans à mourir comme Jésus-Christ et comme les «aints sur la croix , nous regardant comme des victimes continuellement dévouées à sa gloire » immolées à son bon plaisir ; nous estimant trop heureux de marcher ainsi à la suite de notre divin Mattre.

Dieu n'appelle^ pas toutes les âmes à la per* fection de cet état sublime ; cependant toutes les. âmes chrétiennes sans exception « doivent absolument » indispensablement remplir ces trois obligations essentielles que Jésus-Christ BOUS impose à tous ; i.* de nous renoncer nous« mêmes \ a.* de porter notre croix ; 3.* de marcher à sa suite : en cela point d'exception de personne ; tout chrétien , par là même qu'il est ^chrétien , y est obligé ; et manquer à cette obligation , c'est renoncer à la qualité de disciple 4o Jésus-Christ ; et par conséquent « c'est renoncer à son salut et à son éternité bienheureuse.

Fait-on ces réflexions dans la vie? a-t-on soin de se les rappeler » de les méditer , de s'en bien convaincre ?

Combien d'âmes à qui tous ces sentimens sont comme étrangers I

i48 l'ahb intérieure »

Combien de chrétiens qui ignorent jusqu'en nom de renoncement et d'abnégation !

Combien d'âmes lâches en redoutent jusqu'à la pensée!

Tout le monde veut sqivre Jésus-Christ sur le Tabor , combien peu veulent l'accompagner au Calvaire I

O mon Dieu» mon adorable Sauveur t où sont-elles , ces âmes généreuses , où sont-ils » ces disciples fidèles , amateurs de la croix , ennemis d'eux-mêmes /crucifiés au monde , livrés aux saintes rigueurs du renoncement h eux-mêmes? On se recherche en tout , on se satisfait en tout , on fait sa Volonté , on suit ses inclina* tions, on contente ses goûts, on se plaint, on s'impatiente , on s'inquiète à la moindre souf-* france et au moindre revers ; et on est chrétien, et on se dit disciple de Jésus-Christ , et on adore un Dieu sur la croix , et on veut se sauver!

Descendez donc de votre croix, adorable Sauveur ! et venez nous tracer une autre route pour aller au ciel. Mais non , divin Rédempteur! appelez-nous au contraire au pied de votre croix» inspirez-nous-en l'esprit et les sentimens ; revêtez-nous de vos livrées sacrées ; apprenez-nous ces grandes , ces sublimes maximes du saint rononcement à nous-mêmes, faites-nous-les goûter; animez-nous à les pratiquer; gravez-les dans nos cœurs ; làites-en la règle de notre con^ — duile , elles feront le gage de notre bonheur ^ si elles paroissent pénibles à la nature, elles se —

ou CONDUITE SPIRITUELLE. 1^9

ront adoucies par l'attrail de la grâce , et cou* ronnées un jour dans le sein de la gloire. C'en est donc fait , il n'est plus temps de délibérer : Toiià le chemin , il faut y entrer ; voilà les sacrifices, il faut les offrir; voilà les combats, il faut les livrer. Le chef des prédestinés , le Sauveur lui-même est à notre tête; marchons sur ses pas , suivons les (races de son sang , elles nous conduiront à la céleste patrie.

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