‹ L'âme intérieure: ou, Conduite sprituelle dans les voies de Dieu, augmentée de L'âme seule avecChapitre 27 sur 42 · Si nous avons le bonheur de nous soute · texte numérisé non relu

Si nous avons le bonheur de nous soute

Dir et de vaincre « gardons-nous bien de uous en attribuer la gloire ; c'est à Dieu seul qu'il faut fm rendre hommage.^

4-* Ne nous rassurons pas sur la victoire que nous aurons remportée ; attendons-nous h de nouveaux assauts, à de nouveaux combats. Mab soyons aussi assurés des secours . nouveaux et des grâces nouvelles , et disons avec l'Apôtre: Si Deus pra nabis ^ quU contra nos. {Rotn. 8.) Si Dieu est pour nous» que pourrait-on contre pous?

Seniimens de reconnaissance envers Dieu.

Çuid retriimam Domino fro omnihtu.qum retrikyÂi mihi? Ps. 1. u5.

Que rendrai- je au Seigneur pour tous les biens dont îl m'a comblé?

. JusQii'A. présent , Seigneur mon Dieu , je vous ai fait bien des visites intéressées , toujours pour demander vos grâces et solliciter vos faveurs; il est bien juste que je vous fasse aujourd'hui une visite uniquement inspirée et apimée par les scntimens de ma reconnoissance pour tous vos bienfaits. Mais que pourrai -je vous dire» etque pourrai Je faire pour vous marquer mon juste retour ?. Hélas ! mop Dieu» telle est^oia misère

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et liiôn indigence , qu'il faut que vous me don* niez vous-même ce que je dois vous oITrir ^ sans quoi je n^aurois rien à tous présenter.

Je ne puis vous marquer ma reconnoissatice pour vos dons, que par vos dons tbémes. Quoi qu'il en soit , mon Dieu , je viens vous offrir l'hommage de toute la reconnoissance dont je suis capable , en m'écriant aveô le Prophète : Benedic, anima mea, Domino. {Psal. 102. ) Mon ême , bénis le Seigneur ton Dieu, et que tout ce qui est en moi célèbre à jamais son saint nom » et om^nia quce intra ms sunU Mon âme »

bénis le Seigneur , et n'oublie jamais les biens dont il t'a comblée,^ et noli obliviscl omnes re^ tributiones ejus. C'est lui qui n'a cessé de t'étro propice , malgré tes iniquités : Qui propitiatur omnibus iniquliatibuê tuis. C'est lui qui gué-» rit toutes les plaies dortt t'avoit couverte le péché : Qui sanat om,nes infirm,itates tuas. C'est lui qui t'a souvent retirée des dangers et des portes de la mort ; Qui redimit de interilu t;ttam, tuam. C'est lui qui continue à te couron ^ ner des dons de sa miséricorde et de sa grâce t Qui coronat te in m^isericordiâ et tnisetaiioni-' bus. C'est lui enfin qui, sans attendre tes de- OMudes, prévient tes désirs et va au-devant de tes vœux : Qui replet in bonis desiderium tuum.

Jamais , mon Dieu , jamais la grandeur de ma reconnoissance ne pourra égaler la grandeur .* de vos bienfaits ; du moins je vous offrirai celle

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de tous les sentimens de mon cœur^ une reconnoiss^nce sincère , qui vienne du fond du cœur» et qui en soit rexpre$sion ; une reconnoissance vive 9 proportionnée » autant que je le pourrai» à la magnificence de vos dons ; une reconnoissance efficace » qui se montrera surtout par les œuvres ; une reconnoissance constante » qui durera autant que ma vie , et qui , comme je Vesr père , se perpétuera dans l'élernité. Recevez , mon Dieu , ces sentimens » et ajoutez cette grâce à toutes celles dont vous n'avez cessé de m# combler depuis que je suis au monde.

Amour de Dieu.

JHligmim fe^Domine, fortitudo nua. Psal. 17.

Zt TOUi aimei^ai, Seigneur , vous qui êtes toute ma force.

Yov$ aimer et vous servir , ô mon Dieu » 6 mon unique et souverain bien I voilà quel sera désormais Tunique désir de mon cœur , Tunique occupation de ma vie , et Tunique soupir de mon âme. Je connois le néant et la vanité de tout le reste ; hélas ! je ne Tai connu que trop tard ; mais enfin je le connois et je m'en détache pour toujours , afin de me donner h vous , de ne vivre et ne respirer plus que pour vous.

Diligam te. Oui , mon Dieu , je vous aimerai , et je vous aimerai de tout mon cœur ; il sera

AVEC DIEU SEVL. 9^1

ioui à TOUS 9 parce que vous ne Tavez créé que pour TOUS»

Oiiigam te. Je vous aimerai par-dessus tout^ et préféfHbbmeQt à tout. Que pourrois-je mettre en pamllèile avec vous et vos perfections ado ^ rabk)s?

DUiga.fn te. Je vous aimerai » et je n*aimerai que vous , ou du moins , tout dans vous et en vue de vous. Que pourrois-je trouver dans tout le reste , qu'affliction d'esprit et amertume de

DUlgam H* Je vous aimerai « et je vous aim6rai uniquement pour vous-même , pour vos bon* tés , vos amabilités , vos perfections infinies ; point d'autres motifs en vous aimant , que vous* même. Et pour vous aimer, faili)^-i( quitter tout y sacrifier tout» et r^uoi^cer ^ tout» tout sera quitté , sacrifié , reniHi<<é sans réserve. C'est un bien léger sacrifice que celui des biens de ce monde , pour acquérir le trésor de votre divin amour; mais comme je sais que le véritable amour ne se montre que par les effets, je ne me contenterai pas de voua le^e et de vous le promettre , je tâcherai de vous le prouver par les œuvres ; et dès ce moment , voici à quoi je m^èngage envers vous , avec le secours de votre sainte grâce , dont ;i^tre bonté même m'assure.

Pour vous , et pour vous aimer » je renonce^ rai à tout ce qui pourroi^ être un obstaefo à vo« ire saint amour ; pour voub^ et pour vous aimer, je pratiquerai fidèlement tout ce que fe croirai

s^s l'amb seule

être d6 votre bon plaisir. Pour tous» et poor TOUS aimer , je me ferai violence à moi-même. Je dominerai mes passions « je mortifierai mes penchans , je combattrai mes inclinations et mes répugnances » je me priverai des plaisirs et des satisfactions permises. Pour vous, et pour votre saint amour , je recevrai avec résignation les croix et les afflictions que vous daignerez m*envoyer : c'est surtout par la croix que se montre Tamour ; c'est sur la croix que vous nous aves montré l'excès de votre amour; c'est au pied de la croix que j'irai vous offrir l'hommage du mien. Quel bonheur pour moi , et quel bonté dans vous , que malgré toutes mes offenses , vous me permettiez encore de vous aimer : Diligatn te. Oui , mon Dieu, Dieu d'amour, je vous aimerai de tout mon cœur dans le temps , espérant de vous aimer plus parfaitement dans l'éternité.

Paix de l'âme.

PuaômiUtadUigenHhuiiêgemtuiun, Psal. 118.

Geui qui aiment votre sainte loi , jouiront d'une douce paii.

Bien de si vrai, ô mon Dieu! la paix sera toujours le partage de ceux qui seront fidèles observateurs de votre loi sainte; ce n'est même quQ dans votre service qu'on peut la trouver. Le monde pourra la promettre, mais le monde ne sauroit la donner : mundu$ dart non potest

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pacem* {Toan. i4* ) Hélas ! je ne Tal que trop tiialheureusement éprouvé ; ai-je jamais goûté de paix véritable , tandis que j'ai été au service de ce monde pervers et trompeur? De quoi ma vie a-t-elle été remplie^? Que de tristes jours , jours de troubles et d'agitations , jours de nuages et d'obscurité » jours de terreurs et d'alarmes. Non , mon Dieq » il n'y a de paix que dans votre saint service et dans votre divin amour. Mais , hélas ! l'ai-je véritablement » ce saint amour , et puis-je me flatter d'avoir place dans votre cœur? Tout ce que je puis dire , ô mon Dieu 1 c'est que je le désire dans toute l'étendue de mon cœur ; c'est que je vous le demande avec toute l'instance dont mon âme est capable; c'est que je l'espère de votre infinie bonté ; c'est que y si j'ai le bonheur de le posséder , je m'eirtime plus heureux que si j 'a vois là possession de tout l'univers ; c'est enfin , que je n'oublierai rien, pour conserver cette possession y fallût- il pour cela perdre tes biens , la liberté , la santé, la vie même. Que peutron perdre quand on possède l'amour et le cœur de son Dieu ? Et quel bien pent-on posséder, si on est privé du souverain bien ? Que Je vous aime donc à jamais , ô Dieu d'amour ! vous êtes par excellence le Dieu de la paix ; ce n'est que dans vous et dans votre saint service qu'on peut la trouver. Elle ne sauroit être constante et imperturbable en cette vie , en ce lieu de Combats ; ce n'esl que dans le ciel , dans la véritable région de h»

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paix» qu'elle sera pleine et parfaite; prions, souffrons , combattons généreusement pour la mériter, elle nous dédommagera de tous nos combats.

Ayons la paix avec Dieu par la fidèle observation de la loi. Ayons la paix avec le prochain par une charité tendre envers tous. Ayons la paix avec nous-mêmes par la victoire sur no»

passions»

Tout contribue au bien de ceux qui aiment

Dieu.

ï^iUqtniihut Dimm 9mnia eoofûratUur in éonum, Rom* St. Tout contribue au bien de ceux qolaîment Dieu- .

L'intelligence et la vérité de cet oracle ne se présente pas d'abord à tous les esprits. £b quoi , dira-t^oa peut-être, combieade personnes qui servent Dieu , qui aiment Dieu , et qui cependant souffrent^ gémissent ,soi^t malheureuses» et ne trouvent dans la vertu que la pesanteur de la croix et les amertumes du calice I Rien ne tourne à bien pour elles ; tous Feurs projets, quoique saints , échouent et son renversés. Teb 9ont les doutes inquiets , les nuages sombres qui semblent obscurcir cette vérité-

Malgré tous ces doutes et ces nuages , Foracl^ est infaillible , et il sera éternellement vrai de dire que tout tourne au bien de ceux qui aiment

ayik: Dtsi) siitf.. ^ 974

Dieu : Jedb-loul ; et souvent même les ebosea qui pttokMMeat d'ftberd le» plu» contraires et les plus opposées , par une di&positioi) adosiirable de la Provid'enee , sont' celles qui cctoduisent plus sâremeot à une heiireuse^ fia. Voyons-le dans des exemple» sensibles.

Quiauroit dit , en veyan4 Joseph dans le jEnid d'un cachot y que ce seroit du fond de ee cachot qu'il seroit on jour éleré comme »ur le trône P Qui auroit pensé , en voyant W trois enfaos an milieu desikimnies dans* la fournaise» que ces flammes et oetle fournaise dèviendroîeot pour eux comme un lieu de rafratchissement , et les feroient triompher de toute la fureur du tyran ? Qui auroit jamak pu a^imaginer , en voyant Daniel dans Im fosse aux lions^, oè lavoit fait jeter T^ivie- de ses «Bnemia ^•qcie non-seulement il en sortieoit plem'de vie e^dè gloire» maisque cens qui rafK)ieKl Critcondemnér » sereient euK«> mêmes k proie des Kona et lesr'Vtetimes de leur haine et de leur vengeance ?

Ainsi vous plaises- vous , è mon IHeu I à faire éelaicr votre puissance » en protégeant ceux qui vous aiment : que si qiielqisefoifirrous paroisses les laisser succomber pour itn tempasous le poids de* leurs afflietioBS » ce n'est que potv lea eit retirer ensnite d'une mmièreplttr éclatante.

Rendons gloire à Dieu ; rappelons beours de notre vie ; combien de fois jaons sommes- qous^ trouvés nous-mêmes dans dés circonstances si tristes » dans des événemens si terribles , qu6

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nous croyions tout perdu sans ressource , etd oâ cependant Dieu nous a heureusement délivrés par des voies si extraordinaires , si inefiables » qu'elles sembloieni tenir du miracle !

Après tout » quand on dit que tout contribue au bien des élus , ce n'est pas toujours un bien temporel, un bien périssable ; mais c'est surtout un bien spirituel et céleste qui tourne à l'avan-^ tage de notre âme et de notre salut. Et qu'importe , après tout , que nos projets échouent » que nos biens soient enlevés , que notre fortune soit renversée , si sur les débris de notre fortune Dieu élève l'édifice de notre salut?

O mon Dieu , que nous sommes aveugles sur nos vrais intérêts ï Nous nous plaignons , nous gémissons dans le temps de ce qui doit faire le sujet de notre joie et de notre reconnoissance dans l'éternité. Nous r^ardons' souvent comme un mal ce qui dans vos vues doit contribuer à aotre vrai bien ; et nous regardons comme un bien ce qui parles événémens nous coadairoit au dernier des malheurs r disposes donc dé nous » è Dieu saint ï selon vos vues , et: noa sekm ks nôtres ; vous savez la voie qui doit nous conduire au terme ; n'écoutez ni nos affections , ni nos répugnances , ni nos désirs , ni nos craintes ; dès que vous disposerez vous-même de tout , les orages mêmes et les tempêtes nous conduiront à l'heureux port du salut.

AVEC DIETT SEtîL. tt'JJ

Les prodiges de la grâce dans les âmes.

FgmUôôi videte opéra Domini^ gum posuU prodigia êufer ierram, Psal. 4^*

Venez et admirez les ouvrages du Seigneur» et les prodiget qu'il a opérés sur la terre.

Dans Tordre de la nature » Dieu opère de»

prodiges éclatans qui frappent les yeux , et q«)t font ad'nirer ^ puissance ; mais dans Tordre de la grâce il opère d'autres prodiges , qui pour être moins sensibles , n*en sont ni moins admirables» ni moins dignes de sa grandeur.

Est-il rien de si admirable , en effet , que le» effusions diyines dont ce Dieu de bonté prévient une âme i quand il daigne l'appeler à lui d'une manière plus spéciale ? Qui ponrroit dire , qui pourroit eitprimer comme il Téveille du sommeit où elle étoit plongée parmi les créatures , comme il réclaire sur le néant des choses humaines « comme il la tire des illusions profondes où elle vivoit ? Il va là trouver dans le tumulte de sa dissipation , pour Tattirer à lui , pour s^unir à elle, il la prévient des bénédictions de sa dou- -eeur ; il lui fai^ goûter les attraits intérieurs de sa grâce: que de prodige» de bonté , que de merveilles de cette grâce , inconnues au monde, se passent dans ces inefiâbies communications t Non 9 il n'est rien qui doive nous inspirer tout

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^ la fois , et tant d'ameur el tant d'jbamîlité. Car ne faut-il pas que Dieu ait une bonté infinie » pour regarder des yeux de sa miséricorde une ïime au milieu de ses infidélités et de ses résistances ? Cette pauvre âme est aimée sans avoir rien en elle qui puisse attirer sur elle ces tendres regards ; au contraire*, elle auroit de quoi rebuter et éloigner tonte autre bonté que celle d'un Dieu ; il fautquUI surmonte» par un excès d^amour t toute Topposition^ tout Féloignement qu'il a essentiellement pour tout ce qu'il j a de défectueux dans cette âoie; il faut qu'il prenne dans son propre cœur et dans l'océan immense de ses bontés » les motifs pour l'aîoier et la pré* venir de tant de faveurs.

Or , comment seroitil possiUe , ô mon Dieu f qu'une âme éprouvât ces inellables préventions», sans s'unéantir devant vous , ^ans brûler de votre saint amour 2

Qu'est-ce qui peut d'une part tant humilier une créature » que de savoir qu'elle n'a pour partage que les misères dont elle ne seroit jamais sprlie , si TOUS ne l'eussiez prévenue de vos^ grâces ? Et de t'autce , qu'est-ce qui peut Te»* jQamiper davantage du divin amour , que de savoir, qu'au temps même où elle méritoif peutêtre votre hame , eRe s'est vue prévenue de vosgrâces , comme si elle eC^ dik- contribuer eft quelque chose à votire féUcité ?

0* Dxon âme 1 reconnoUrez-vous lamaiiB les

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