‹ L'âme intérieure: ou, Conduite sprituelle dans les voies de Dieu, augmentée de L'âme seule avecChapitre 29 sur 42 · S.84 I*AH£ SEULE · texte numérisé non relu

S.84 I*AH£ SEULE

TOUS a-t-il pas comblé durant votre vie ! que fè lumières I que de bons sentimens ! que de saintes inspirations I que de salutaires remords I Pou* vez-vous rappeler toutes ces faveurs sans en être touché , pénétré , étonné ? Si les trésors de Id grâce n'étoient pas immenses , ne sembleroit-il pas que Dieu les auroit épuisés en votre faveur? or , ces grâces , quel usage en a vez-vous fait ? Qu'ont-elles opéré dans vous ? Ah! si elles avoient été accordées à des nations infidèles , à des peuples barbares > quels fruits de salut et de vie n'auroient-elles pas produits dans eux ! Si in Tyro et Sldone factœ fuissent virlutes , in einereeteUiciopœnitentiafnegi8sent,{Mait, 1 1.) Et un chrétien qui les aura reçues en vain , à quoi doit il s'attendre ?

2." Pensez surtout aux péchés que vous avez commis : étoit-ce là l'usage que vous deviez faire des grâces de Dieu , et la reconnoissance que vous deviez lui en témoigner ? Au lieu des vertus que les dons de Dieu dévoient opérer dans votre âme » que de péchés , que .de crimes , que d'excès dont elle est coupable ! Parcourez tous les âges de votre vie, hélas ! presque tous les jours de cette misérable vie, et rougissez de tous les crimes dont vous êtes chargé : pensez surtout aux circonstances qui les ont accompagnés ; péchés commis malgré la lumière qui voua éclairoit , malgré la conscience qui réclamoit , malgré la grâce qui vous avertissoit ; rien n'a arrêté le torrent des passions qui vous entrainoit.

AVEC DIEU SEUL. sS5

Dieu TOUS appeloit , et vous le rejetiez ; Dieu ▼eus aimoit , et vous FoifeDsiez. Que pensezvous de vous-même , et qu'êtes-vous à vos propres yeux ? Jugez de ce que vous devez paroltre aux yeux de Dieu.

S.*" Car eoRn il faudra paroltre ud jour devant luli , pour rendre compte et des grâces sans prix que vous avez reçues » et des péchés sans nom^ brè que vous avez 'commis. Dans quel état irezvous vous présenter à son tribunal redoutable » où la justice seule vous attend , si vous n'apaisez SA colère ? Or , adorez , admirez la bonté inel^ fable de voire Dieu envers vous ; dans ce moment même il vous ouvre son cœur pour vous recevoir, si vous ouvrez le vôtre aux sentimens d'une véritable douleur. Dieu des miséricordes* il veut votre conversion > et non votre mort ; vptre salut* et non votre perte ; un jour il sera votre juge , mais il est encore votre père. Détestez vos péchés * implorez sa grâce ; prévenez la rigueur de ses jugemens; jugez-vous saintement vous-même » et vous trouverez encore dans lui Bpn-seulcment un juge propice * mais un tendre père» le père. des miséricordes par excellence* Restez quelques màmeris devant. Dieu * pour approfondir ces vérités salutaires.

S^6 L*AHE SEULE

Le service de Dieu.

ffemo potest duo^tu dominis servire, Matth. 6. tenonne ne peut servir deux maîtres.

C'esI Toracle à jamais irrévocable de Jésus* Christ même. Non , personne ne peut servir deux maîtres ; car il haïra Fun , et aimera rauire ; et s*il respecte celui-là , il méprisera cehiî^ct. Le serfîce de deux maîtres est donc ab^ volddient intompatiMb , et jamais on ne pourra hi allier enseti|ble ; par conséquent il estiilipo»ftible de servir h la fois Dieu et le monde ; leurs lots , leurs maximes , leurs intérêts ne sauroîent compatir ensemble ; les ténèbres et la tumièi*e , Jésus-Christ et Béliat ne firent jamais d'alliance ensemble. C'est cependant la monstrueuse alliance def ces deux services , que prétendent souvent faire des personnes qu'on pourroit appeler demi-chrétiennes et demi-mondaines ; on voudroit servir Dieu , mais on neTbudroit pas rompre avec le monde. Là- dessus on prend une espèce de tempérament ; on se ménage avec Tun et l'autre ; on donne quelque chose à Dieu , mais on ne lui donne pas tout ce qu'il exigeroit; on se prête au monde , mais on ne voudroit pas s'y livrer ; avec ce ménagement on croit pouvoir se concilier avec l'un et l'autre » servir Dieu sans renoncer au monde , être avec le monde sans

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