GARE
.4 Henri CarmelUn.
Sifflant pour les départs, soufflant pour les rentrées, Avec leur voix et leur fumée aux jets légers, Vingt-cinq trains côte à cote et très longs sont rangés Sous le jour tombant haut des marquises vitrées.
Élégances du verre et du fer rencontrées, Ces grands halls sont très beaux, bien qu'à Tart étrangers Ils encadrent dans l'Ouest de purs cieux mensongers. Symboliques miroirs de futures contrées!
Un noir encaissement de géantes maisons Où passe l'éternel cri des locomotives Barre de tous côtés les autres horizons :
Mais ce clair pan de ciel avec ses perspectives Ouvertes sur l'immense espace occidental. C'est le Rêve, au delà du Commerce brutal.
SOIR ])i: VILLE
A Claude Rajon.
Beau soir poncUié d'or de la Ville en rumeur, Dans le réveil encor puéril de l'année, Quand tu rêves sur la nuit molle et satinée Lune aux bleuissements maudits du seul dormeur 1
Beau soir ponctué d'or où l'odeur émanée Des églantiers et des lilas dans leur primeur Sous l'humide parfum du marronnier se meurt, Loin des jardins fleuris où d'abord elle est née...
Difl'usion de la couleur et de l'odeur,
Difl"usion aussi du roulement grondeur
Que font tant de fracas humains parmi les rues,
Diffusion surtout de l'âme en tout cela,
Rayons bleuis, parfums mouillés, rumeurs décrues.
Mysticité du cœur dans Paris, tout est là !