‹ L'âme moderneChapitre 19 sur 21 · LE CHANT DE LA TOUU · texte numérisé non relu

LE CHANT DE LA TOUU

A Cliarks Dumonl.

Quelle est donc cette ébauche en quelques mois surgie D'une cité dressant dans la vapeur des soirs Sa ligne de contours immobiles et noirs Sur l'ordinaire fond de la brume rougie?

Rien pourtant n'est changé de l'ancien horizon : Voici le même fleuve et les mêmes collines, Le même crépuscule aux couleurs opalines Y miroite et s'y moire en un mourant frisson.

Mars d'où vient que mes yeux restent comme insensibles A la beauté des eaux, des coteaux et de Tair, A l'antique beauté qui les troublait hier, Et qui leur suggérait des larmes indicibles?

Pourquoi se tournent-ils obstinément, ces yeux, Vers le jeune décor apparu sur la gauche, Et la Tour gigantesque, au pied de qui s'ébauche Une ville aux aspects inconnus sous nos cieux?

Ah! c'est que tout l'effort d'un siècle se révèle Dans ces contours encore obscurs, et que demain Une œuvre en va jaillir, qu'avec sa forte main Notre âge marquera d'une beauté nouvelle !

Car les temps sont venus où chacun pourra voir Les artistes, dans leurs monuments symboliques. Faire éclater ces deux forces des républiques : La puissance du Peuple et l'essor du Savoir!

Page 1