AUX BORDS DU FLEUVE ET DE LA VIE
Un peuple de reflets chimériques s'y presse ; Des apparitions de lumière et d'a/Air S'y succèdent au gré d'un caprice peu sûr, Et pas une ne meurt qu'une autre ne paraisse.
Mais leur succession seule a l'éternité... Chaque forme qui naît pour une heure étincelle, Puis voit diminuer son prestige emprunté: Ainsi qu'un passager rêveur, l'Humanité Les regarde, des bords tremblants de sa nacelle, Mourir à ta surface, ô Vie universelle !
Mais qu'importe après tout que tu sois mensonger, Grand rêve de beauté qui remplis l'existence ! Les sceptiques auront beau vouloir t'outrager, Tu vis d'une beauté plus vraie et plus intense Que si tu possédais réternelle substance, Puisqu'il plut à nos cœurs puissants de te songer !
LA PATBIE INCONNUE